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Le cynisme de la multitude

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Parisien Jaque
Envoyé Le vendredi 07 décembre 2007 06:00



De militant actif à observateur passif, le citoyen d'aujourd'hui a subi plus d'une désillusion. Les grandes causes, les utopies, la conviction que l'être humain transcenderait ses intérêts personnels, bref, voilà autant de raisons qui font en sorte que la politique lui apparaît, de nos jours, comme étant une comédie des puissants, une oligarchie revêtant les oripeaux d'une démocratie.

Oui, bien sûr, comme beaucoup d'autres, j'ai vu mes espoirs fondre comme neige au soleil. Pire encore, la société, il me semble, tend vers une droite policée, bien-pensante, versant dans la moraline, comme dirait Nietzsche, taillant ses rêves dans le marbre dur et froid de l'économie : les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent. Puis, l'opinion dominante, reprise en choeur par l'ensemble des médias, se fraye un chemin dans l'esprit du commun des mortels, au point qu'il croit savoir quand, dans le fond, il ne sait rien. Le prêt-à-penser est la norme et toute contestation de la prétendue «réalité» est immédiatement reléguée au rang de bêtise. «Écoeurement», dites-vous?

En fait, oui. Mais celui-ci est comme la nausée précédant les vomissements. À force de nous gaver de scandales politiques, de nous faire croire que consommation égale bonheur, que l'argent manque pour les programmes sociaux pendant que les grosses entreprises engrangent des profits faramineux dans des paradis fiscaux, en somme, l'abcès finira bien par crever un jour ou l'autre. J'attends donc patiemment et je soulage mon écoeurement en lisant Riccardo Petrella, Noam Chomski, Naomi Klein ou Susan George et je continue à... espérer.

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