Étant donné les tabous extrêmement lourds qui pèsent sur la question de l'identité au Québec (il suffit de lever le ton un peu et on passe pour xénophobe, antisémite ou séparatiste), l'évidence du déclin identitaire du Québec risque d'être passée sous silence. Au lieu d'avoir pour souci unique et récurrent la santé et l'économie (thèmes du confort et de l'indifférence), il est temps que les Québécois mettent la question de la langue, de l'éducation et de la démographie au coeur des priorités. Sauf que la mise en place de solutions pratiques (renforcement de la loi 101, par exemple) à ce problème feront aussitôt ressortir la liberté très relative du Québec à l'intérieur de la fédération canadienne. Et c'est à ce moment, sous le poids immense de la "peur fédéraliste de se séparer", que tout un ensemble extrêmement puissant de faiseurs d'opinion se mettra en marche pour nous convaincre qu'"il n'y a rien-là", qu'il ne faut pas être "frileux", que le Québec est la société "la plus intolérante au monde. (c'est bien connu...), et patati et patata...
Et, encore une fois, les tabous culturels qui sont les nôtres nous plongeront dans un immobilisme extrêmement nocif à la long terme. C'est d'une tristesse infinie...