Concerts classiques - Avec tambour et trompettes

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Christophe Huss
Édition du mercredi 05 décembre 2007

Mots clés : concerts classiques, Musique, Culture, Québec (province), Montréal

Les Violons du Roy et le Festival Bach ont fait église comble hier soir, une forme de prouesse un mardi soir au cœur de Montréal, alors même que trouver une place de stationnement aux environs du lieu de concert relevait du gymkhana.

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FESTIVAL BACH
Haendel: Dettinger Te Deum. Bach: Magnificat (version originale de 1723). Karina Gauvin (soprano), Matthew White (contre-ténor), Frédéric Antoun (ténor), Joshua Hopkins (baryton), La Chapelle de Québec, Les Violons du Roy, dir. Bernard Labadie. Église
Saint-Jean-Baptiste, mardi 4 décembre 2007. Diffusion sur Espace Musique le 17 décembre à 20h.
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Christophe Huss
Les Violons du Roy et le Festival Bach ont fait église comble hier soir, une forme de prouesse un mardi soir au cœur de Montréal, alors même que trouver une place de stationnement aux environs du lieu de concert relevait du gymkhana.
Le programme, relativement court mais très efficace, juxtaposait deux œuvres importantes de deux grands créateurs de la première moitié du XVIIIe siècle, Haendel et Bach. La qualité du Te Deum de Dettingen est nettement supérieure à sa notoriété. Le dernier des cinq Te Deum de Haendel est glorieux, festif, avec quelques explicites réminiscences du Messie, composé deux ans plus tôt. On le retrouve notamment en filigrane des chœurs n° 4 (Thou Thee Cherubim), n° 13 (Day by Day).

Les trompettes prennent une part importante au déroulement de l’œuvre. Chose heureuse: avec les Violons du Roy, contrairement au concert d’ouverture d’Il Gardellino, les trompettes jouent juste! Plusieurs moments saisissants dans l’interprétation de Bernard Labadie. D’abord la symphonie (n° 10) et les deux chœurs qui suivent, lents et très concentrés, jamais pompeux. Ensuite, un petit bijou: le chœur n° 3, où les sopranos détimbrent complètement, pour chanter en voix blanches, comme des anges. Les paroles? «Toi que tous les anges, les cieux et les puissances de l’univers, acclament…» !

Cet esprit de finesse du chef fut relayé tout au long de la soirée par tous les pupitres du chœur et l’orchestre au complet. On a remarqué que la Chapelle de Québec a féminisé son pupitre d’altos: la couleur vocale, plus chaleureuse, s’en ressent très favorablement.
Quant au Magnificat de Bach, Bernard Labadie avait choisi de présenter la version originale écrite pour Noël 1723 dans une autre tonalité que la mouture, en ré, ultérieure et bien connue. Les principales différences sont l’interpolation de quatre morceaux de circonstance et le fait que le Suscepit Israël soit chanté par le chœur, plutôt que par un trio de solistes. Les solistes ont d’ailleurs été excellents, avec Karina Gauvin et Joshua Hopkins, notamment, à leur meilleur.

La Chapelle de Québec a réussi à articuler ses interventions malgré l’acoustique réverbérante et Bernard Labadie a pris un plaisir évident à diriger cette œuvre, comme en témoignaient les petites pirouettes orchestrales pleines de bonheur de la fin du Quia fecit et de l’Esurientes.
Une grande soirée de plus pour les Violons du Roy à Montréal.


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