Bourse du carbone: Dumont s'inquiète pour Montréal

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Antoine Robitaille
Édition du mercredi 05 décembre 2007

Mots clés : Stephen Harper, Mario Dumont, Bourse du carbone, Parti politique, Québec (province), Canada (Pays)

Le chef adéquiste plaidera auprès de Harper vendredi

Québec -- Montréal est en train de perdre la future Bourse du carbone, s'inquiète Mario Dumont, qui abordera ce sujet avec Stephen Harper vendredi, à Rivière-du-Loup, lors d'une rencontre privée. C'est ce que le chef adéquiste a confié au Devoir dans une entrevue exclusive.

Stephen Harper se rendra dans le fief de M. Dumont à l'invitation de la Chambre de commerce locale. Il prononcera un discours devant quelque 300 personnes sur l'heure du midi dans un lieu symbolique pour Mario Dumont, le motel Universel (M. Dumont a l'habitude d'y passer ses soirées électorales). Les deux chefs politiques seront assis à la même table, mais le bureau de M. Dumont n'a pas précisé si les deux politiciens se rencontreraient en privé avant ou après le discours du premier ministre.

Pour un chef de l'opposition québécois, c'est une occasion rare, surtout dans le contexte actuel où Jean Charest a tenté d'obtenir en vain depuis quelques semaines une conférence des premiers ministres sur l'économie afin de discuter du huard avec M. Harper. Finalement, la semaine dernière, M. Charest a su qu'il y aurait, début 2008, non pas une conférence, mais une «rencontre informelle», un souper des premiers ministres, au 24 Sussex.

Trois sujets

Mario Dumont a-t-il davantage l'oreille de M. Harper que le premier ministre Charest? Plusieurs on remarqué que les rapports entre le premier ministre québécois et son homologue fédéral ne sont plus aussi chaleureux qu'en 2006, lorsque l'ADQ avait pratiquement disparu des écrans radars. «Je n'ai jamais pensé qu'il y avait une concurrence en cette matière», répond Mario Dumont. Celui-ci estime faire son «devoir de chef de l'opposition» en rencontrant le chef du gouvernement fédéral. «Je ne fais qu'ajouter ma voix à celles d'autres intervenants au Québec dans des dossiers qui me paraissent prioritaires. Et tant mieux si j'ai l'oreille.» Ainsi, vendredi, à Rivière-du-Loup, Mario Dumont entretiendra donc M. Harper non seulement de la Bourse du carbone, mais aussi du pouvoir de dépenser et de la crise forestière et manufacturière.

Il dira au premier ministre qu'il s'inquiète de l'emplacement de la future Bourse canadienne du carbone. Quand le projet a été abordé pour la première fois il y a quelques mois, Montréal avait été considéré comme son emplacement naturel. Depuis, «on est passé d'un automatisme à un optimisme, puis à une probabilité, et enfin à un espoir», déplore M. Dumont. Selon lui, il y a depuis peu «une forme de glissement dans le langage» des différents acteurs. «Il est essentiel de positionner Montréal au niveau boursier», estime-t-il. Mario Dumont croit que Jean Charest est trop timide à cet égard. «Pendant que le premier ministre du Québec était à Toronto [le 26 novembre denier] et que les deux premiers ministres parlaient de s'appuyer l'un et l'autre dans leur projet de collaborer [pour éliminer les barrières commerciales]... la Bourse de Toronto faisait un pas en avant pour venir cannibaliser Montréal dans les produits dérivés! C'est ça, la réalité! Montréal est bien positionné avec les produits dérivés. Il renforcerait grandement sa position avec la Bourse du carbone.» Plus on attend, plus la Bourse du carbone risque d'être installée à Toronto, ajoute M. Dumont.

Revenir au dossier constitutionnel

Mario Dumont croit ensuite que Québec doit être davantage revendicateur en matière constitutionnelle et il reproche au gouvernement Charest d'être «archi-timide» en ces matières. Il estime que, chaque fois qu'il aborde le sujet, il se fait répondre par les libéraux que «c'est irresponsable de rouvrir le dossier constitutionnel» ou que «le fruit n'est pas mûr». Mais finalement, c'est le fédéral lui-même qui s'est trouvé à «rouvrir le dossier constitutionnel» en envisageant une profonde réforme du Sénat! Même que le premier ministre Harper a évoqué la possibilité de tenir un référendum sur le sujet. Alors qu'il y a un an le Québec a obtenu «une reconnaissance du Québec comme nation», le gouvernement du Québec «reste toujours en réaction, toujours à la remorque, [...] est toujours placé en position de faiblesse», s'indigne-t-il.

Du reste, le chef adéquiste espère que la loi du gouvernement Harper qui visera à encadrer le pouvoir de dépenser ne se bornera pas à proscrire les programmes à frais partagés, comme l'indiquait le discours du Trône. Ce qu'il convient d'empêcher, ce sont les «grands programmes financiers comme ceux de l'ère Chrétien qui envahissaient directement un champ provincial», comme les bourses du millénaire, qui violaient les règles constitutionnelles en matière de partage de compétences. M. Dumont apprécierait d'ailleurs si, au moment de leur renouvellement, ces programmes étaient réévalués par un gouvernement, comme celui de Stephen Harper, lié par une promesse de limiter le pouvoir de dépenser. Quant à la prestation fédérale pour enfants, dénoncée par l'opposition péquiste, le chef adéquiste n'y voit pas de problème. Selon lui, «on ne peut quand même pas empêcher le gouvernement fédéral de donner des crédits d'impôt ou de faire des transferts directs aux citoyens, ou de baisser une taxe de vente».

Crise manufacturière et forestière

Enfin, Mario Dumont parlera à M. Harper du drame qui afflige les régions: la double crise manufacturière et forestière. M. Dumont considère que la fédération entre ces semaines-ci dans la période de consultation prébudgétaire. «Le gouvernement fédéral a déjà posé certains gestes», mais les efforts à ajouter sont nombreux, croit-il. Il y a des réinvestissements à faire, «des machines américaines dispendieuses à acheter» et des crédits d'impôt à imaginer pour saisir les quelques occasions qu'ouvre un huard à parité avec le billet vert. M. Dumont ne se scandalise pas du fait que le ministre fédéral du Travail, Jean-Pierre Blackburn, ait laissé entendre qu'Ottawa attendrait le dépôt du budget pour agir. «Le budget [fédéral] devrait être déposé vers la mi-février. Ce n'est pas si loin que ça, deux mois et demi», juge-t-il.


Vos réactions


prendre le metro... - par michel galarneau (mhglrnu@gmail.com)
Le mercredi 05 décembre 2007 20:00

La bourse de Montréal doit être défendu et doit posséder la bourse de carbone - par Nicolas Cadieux (info@survivrelondres.co.uk)
Le mercredi 05 décembre 2007 18:00

Montréal!?! Une ville? - par Patrick Lépine
Le mercredi 05 décembre 2007 18:00

Ridicule ...! - par Maurice Monette (monmau@globetrotter.net)
Le mercredi 05 décembre 2007 12:00

Stephen Harper, Mario Dumont, Bourse du carbone, Parti politique, Québec (province), Canada (Pays) - par Guy Fafard
Le mercredi 05 décembre 2007 12:00

On en a pas besoin - par Fernand Trudel
Le mercredi 05 décembre 2007 09:00

L'art de savoir ramper - par claire dufour (clairedufour5@sympatico.ca)
Le mercredi 05 décembre 2007 08:00

Montréal mal-en-point - par Gilles Bousquet
Le mercredi 05 décembre 2007 08:00

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