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Information - opinion - impression - En 22 points

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Serge Charbonneau (veliserdi@hotmail.com)
Envoyé Le mardi 04 décembre 2007 05:00



Sans relâche!

M. Lévesque nous apporte une série d'opinions, de gens défavorables à ce vulgaire Chávez.

Il faut lire son texte et noter si les points soulevés sont des opinions ou de l'information.


1er point: Défaite de la réforme proposée par Chávez. INFORMATION

2e point: Chávez admet sa défaite à 50.7 contre 49.3%. INFORMATION

3e point: Surprise des observateurs et 1er revers de Chávez. INFORMATION

4e point: Chávez promet de poursuivre la bataille INFORMATION-OPINION
«Chávez n'en a pas moins promis de poursuivre ...avaient échoué «pour l'instant» mais qu'ils étaient «toujours vivants». Je classe ici ce point en information-opinion, c'est-à-dire une déclaration véridique, mais aménagée par une tournure de texte qui suggère que Chávez n'admet pas sa défaite et continue sa lutte "illégitime". «n'en a pas moins» aurait pu être "a promis" ce qui reste neutre, tandis que la manière de dire de «n'en a pas moins», suggère la contradiction et la manigance. En mettant «pour l'instant» entre guillemets et bien en évidence ainsi que «toujours vivants». On continue à suggérer que ce méchant, même battu, ne lâche pas prise. Ici, le texte vous suggère un sentiment. Il inculque le sentiment d'illégitimité de Chávez. Pourtant, depuis toujours, tous politiciens défaits, commentent les résultats avec les mêmes arguments, c'est-à-dire, qu'ils ne baisseront pas les bras et qu'ils continueront leur lutte. C'est tout à fait naturel et normal. On se souviendra (tout le monde s'en souvient) de René Lévesque, le soir du référendum qui déclarait: si je vous ai bien compris: ce sera pour une prochaine fois! Il ne baissait pas les bras et jurait de poursuivre la lutte. Nous avions alors le sentiment de l'homme juste, fidèle à ses idéaux et ne renonçant pas devant les embûches.

5e point: Survol très fragmentaire des enjeux de la réforme proposée. INFORMATION-OPINION
Information-opinion, parce qu'on ne relève que les articles canon, qui sont vus négativement et sans explication autre que l'effet négatif "cliché" qu'ils produisent. C'est de la lutte d'opinion élémentaire, qui consiste à ne pas trop approfondir l'argumentation au risque de glisser vers l'autre option qui pourrait conclure: "oui de ce point de vue, vous avez raison". En restant bien en surface et en appliquant le cliché sans réflexion, la condamnation demeure intacte et l'objectif de dénigrement est atteint.

6e point: Le nombre d'amendements. INFORMATION-OPINION
«Le référendum portait sur pas moins de 69 amendements». Si le texte, avait été: «Le référendum portait sur 69 amendements», nous aurions été dans la catégorie INFORMATION, mais le «pas moins de» suggère une exagération, et encore une fois un abus de Chávez. «pas moins de», vous ressentez clairement, l'abus qui est condamnable.

7e point: Les points positifs dénigrés:
«Certains amendements susceptibles de séduire les classes populaires ... d'étendre la protection sociale..., de renforcer les conseils communautaires et de réduire la semaine de travail» INFORMATION-OPINION
«séduire les classes populaires qui constituent les principaux soutiens d'Hugo Chávez» C'est ici, que l'on fait basculer les articles positifs en intentions malveillantes comme celle d'achat du vote de ce peuple manipulé. On suggère que Chávez se fout littéralement de la population et a inclus ces amendements positifs, uniquement pour s'assurer de l'appui populaire. Avec cette tournure de texte, on en ressort avec la conviction de l'extraordinaire capacité politicostratégique de Chávez qui inclut habilement ces concepts pour endormir les gens et non pas pour améliorer leur condition. Malgré quelques articles positifs, Chávez demeure un crosseur.

8e point: On revient à la charge sur le point que Chávez malgré sa défaite (moins de 1% comme défaite, quand même, il faut avouer que sa défaite n'est quand même pas catégorique, imaginons les arguments médiatiques pour dénigrer une victoire du SI, par la même marge!), persiste à vouloir continuer son combat: «M. Chávez a implicitement laissé entendre qu'il pourrait tenter de revenir à la charge avant la fin de son présent mandat à la présidence». INFORMATION-OPINION
Ici, on lance, comme si c'était une révélation terrible que Chávez dit vouloir continue sa lutte, comme tous ceux qui gardent leurs convictions malgré les embûches du parcours.
L'ajout de «a implicitement laissé entendre» ne laisse d'autre alternative que de rester bouche bée devant cette révélation fracassante, et nous oblige à conclure: "Tabarnouche, il ne lâche pas, l'écoeurant !" Le but est encore une fois atteint.

9e point: On associe Chávez à Cardoso au Brésil, Menem en Argentine et Fujimori au Pérou DÉSINFORMATION-MANIPULATION DE L'OPINION
Qui sont donc Cardoso, Menem et Fujimori?
Fernando Henrique Cardoso: Un néo-libéral qui privatisa plusieurs entreprises publiques et qui avait recours de façon récurrente, aux financements du FMI. Pendant ses mandats, la corruption a été florissante.
Carlos Menem: Néo-libéral lui aussi, qui privatisa les sociétés publiques et fit vivre à l'Argentine sa pire crise monétaire. On l'accusat de corruption. En 2001 il a été arrêté pour trafic d'armes.
Alberto Fujimori: Le 5 avril 1992, Fujimori renversa son propre gouvernement le gouvernement de George Bush reconnut officiellement Fujimori comme chef légitime du Pérou. Les États-Unis et l'OEA acceptèrent le coup malgré le non-respect des règles démocratiques. Fujimori a fuit le pays en novembre 2000 pour le Japon. En voyage au Chili, il a été arrêté le 7 novembre 2005. Fujimori est accusé d'avoir entraîné l'arrestation et l'assassinat de milliers de Péruviens innocents.
Trois crapules, délibérément associées à Chávez. Ici, nous avons une nette tentative de manipulation de l'opinion. La réputation de ces crapules corrompues et néo-libérales, n'est plus à faire, y associé Chávez qui est à l'opposé du néo-libéralisme est faire preuve de manipulation délibérée de l'opinion. Jusqu'ici, Chávez n'a que posé des gestes totalement transparents et totalement favorables à l'ensemble de la population vénézuélienne. Il ne ressemble en rien aux crapules que sont Cardoso, Menem et Fujimori.

10e point: La surprise que malgré que Chávez contrôle tout, il a été défait! MANIPULATION DE L'OPINION
«le président contrôle les principaux leviers du pouvoir» Cette constatation sans nuance est une information fragmentaire qui s'apparente à extraire une phrase d'un discours pour l'utiliser de façon hors contexte afin de démontrer un élément faux. Le pouvoir populaire existe et est en construction. Le référendum en est une preuve, Chávez ne va pas aller de l'avant parce qu'il respecte le choix populaire. «le président contrôle les principaux leviers du pouvoir» est hors contexte, parce que cette constatation ne tient pas compte de la réalité de la corruption. Le Venezuela, comme tous les pays contrôlés par des intérêts étrangers, est infecté par la corruption depuis 40 ans de simili démocratie. La corruption existe de père en fils depuis des générations. Le seul moyen de changer les choses et de lutter contre cette corruption endémique, est de contrôler au maximum les secteurs vitaux du pays pour enrayer la corruption qui l'habite depuis des décennies. C'est une réalité bien difficile à saisir, ici, nous qui n'avons pas eu de corruption politique "évidente" et néfaste pour la bonne marche de notre pays. Au Venezuela, c'est une autre histoire. Sans un minimum d'autoritarisme et de contrôle, aucune réforme n'est possible. L'oligarchie contrôle depuis des lustres l'ensemble des secteurs stratégiques, économiques et politiques du pays.

11e point: La non-volonté de Chávez d'ouvrir un dialogue avec l'opposition. DÉSINFORMATION
L'opposition au Venezuela a toujours refusé tout dialogue avec Chávez. Chávez a tenté à plusieurs reprises de discuter avec le patronat, les entrepreneurs afin d'obtenir une coopération pour relancer l'économie, mais en vain. Chávez a dû relancer seul l'ensemble de l'économie mis au plancher par l'entreprise privée. Sans l'outil pétrolier, jamais Chávez n'aurait pu faire survivre son gouvernement. L'économie était totalement contrôlée par l'oligarchie et les intérêts étrangers.

12e point: La mauvaise action des nationalisations. MANIPULATION DE L'OPINION
Lors de mon passage au Venezuela (séjour de six mois), les Vénézuéliens étaient heureux de me dire: "¡Ahora, el petróleo es de nosotros!" Maintenant, le pétrole est à nous!.
Rien n'a été plus bénéfique au Venezuela que la nationalisation de cette immense richesse. On le constate partout. Le texte de M. Lévesque nous suggère que ces nationalisations sont condamnables et nuisibles pour le pays. C'est de la désinformation et de la totale manipulation de l'opinion. Rien n'est plus favorable pour un pays que de nationaliser. Il est évident que l'enrichissement des riches pétrolières au Venezuela ne réduisait en rien le taux de pauvreté indécent de ce pays flottant sur l'or noir. Tout comme les autres secteurs nationalisés (électricité, téléphone...), les retombées bénéfiques sont réelles et vitales pour l'enrichissement global du pays. Mettre en doute ce geste salutaire pour le pays est faire preuve de malhonnêteté intellectuelle.

13e point: La liberté médiatique. DÉSINFORMATION-MANIPULATION DE L'OPINION
Les journalistes ont la totale liberté au Venezuela. Le non-renouvellement de la licence hertzienne (et non la fermeture RCTV est toujours disponible sur internet http://www.rctv.net/ et sur le câble) est un événement hautement utilisé pour la propagande anti Chávez. Jamais on met en lumière la terrible manipulation de l'opinion publique, les incitations à la violence, la désinformation véhiculée à travers les diffamations constantes et le rôle important que cette station a joué dans le coup d'État d'avril 2002. À Québec, nous n'avons pas renouvellé la licence de la station de Jeff Filion pour beaucoup moins. Il est malheureux que les gens ne comprennent pas suffisamment l'espagnol pour s'intéresser davantage aux médias privés vénézuéliens. Les écouter, les lire, c'est comprendre pourquoi Chávez les fustige. Ici, tous ces médias privés seraient poursuivis en justice pour diffamations et incitation à la violence.

14e point: On présume de ce que pensent les Vénézuéliens MANIPULATION DE L'OPINION «Tout ce que les gens veulent, c'est un toit et de quoi manger, pas un modèle collectiviste» une opinion qui affirme, mais qui n'est en rien un fait.

15e point: Conséquence des résultats MANIPULATION DE L'OPINION
«Il est certain que ce revers portera atteinte au prestige du leader «bolivarien», sinon au Venezuela» Grossière opinion: «Il est certain», on veut nous imposer qu'il est certain. Je pourrais tout aussi bien dire: «Il est certain d'admettre sa défaite contribuera au prestige du Président «bolivarien» et même Venezuela en entier». C'est une opinion. Ceux qui affirment des certitudes pour le futur sont des fumistes ou des manipulateurs.

16e point: Miner la crédibilité de Chávez. MANIPULATION DE L'OPINION
«N'ayant plus la même crédibilité à l'intérieur, il ne pourra plus prétendre s'ériger en leader de la gauche en Amérique latine» présomption, opinion, qui ne repose sur rien d'incontestable. On nous oriente vers un futur que l'on espère.

17e point: Son arrogance envers les anciens colonisateurs espagnols: OPINION
«Certaines de ses interventions récentes ont sans doute déplu à ses alliés du continent»
Une opinion nullement démontrée. On peut même fortement douter que ses propos du colonisé qui se rebelle aient déplu à une majorité de Sud-Américains. Il aurait été plus juste de dire: «peut-être déplu», car rien n'est moins sûr.

18e point: Les valeurs du socialisme du XXI siècles: DÉSINFORMATION-MANIPULATION DE L'OPINION
« Le socialisme du XXIe siècle devra tenir compte des valeurs démocratiques comme le droit d'association et la liberté d'expression». Ici, on suggère que le socialisme mis de l'avant par Chávez, ne tient pas compte des valeurs démocratiques, interdit le droit d'association et la liberté d'expression. C'est de la pure manipulation de l'opinion. On peut ressortir le cas RCTV qui sert allègrement pour démontrer le bâillonnement médiatique, mais il faut retourner au point 13. La liberté d'expression et d'association existe et est garantie par la constitution.

19e point: Conséquence des résultats prise 2: MANIPULATION DE L'OPINION
«Les dommages du référendum de dimanche sur le prestige de Chávez seront probablement plus importants à l'étranger qu'au Venezuela». Totale manipulation d'opinion: «Les dommages du référendum» Je laisse les lecteurs constater par eux-mêmes si le prestige de Chávez a été endommagé par le résultat référendaire.

20e point: Le mouvement étudiant. INFORMATION PARTIELLE.
Les étudiants ne font pas plus un bloc unanime que la population en général. La division en milieu étudiant est exacte comme la division dans l'ensemble de la société. Les universités privées où les étudiants proviennent des classes aisées sont totalement contre Chávez et les universités publiques où les étudiants sont de milieux moins favorisés sont totalement pour Chávez. La lutte des classes est la même dans tous les secteurs de la société. D'affirmer que les étudiants sont unanimement contre Chávez est de la pure désinformation. Je peux transmettre, à qui le veut, des photos récentes de gigantesques manifs étudiantes pro-Chávez.
Ce paragraphe qui parle du mouvement étudiant, qui est devenu un symbole de la contestation contre une «dictature à la cubaine», n'a pour but que de peaufiner l'image de dictateur de Chávez. C'est encore une fois, une subtile manipulation médiatique.
On dit aussi que le président vénézuélien s'est attaqué à plusieurs stations de radio populaires auprès des étudiants, mais sans donner de précisions vérifiables, ce qui s'apparente à de la désinformation.

21e point: Les classiques "échecs" du président à démolir. DÉSINFORMATION-MANIPULATION DE L'OPINION
«Chávez a moins bien réussi la lutte contre l'inflation et la lutte contre la criminalité, qui affectent les citoyens dans leur quotidien». Il est bien vrai que la criminalité affecte les citoyens dans leur quotidien, mais, il est plus facile d'analyser dans son bureau que de régler rapidement ce problème sur le terrain. La criminalité majeure est en fait de la délinquance engendrée par la pauvreté. En continuant à réduire la pauvreté, le problème de criminalité devrait s'atténuer peu à peu. Je crois que personne ne pourrait régler rapidement ce problème.
Pour l'inflation: elle a atteint 17% en 2006. C'est assez élevé, mais, il faut signaler qu'une inflation à deux chiffres dans un pays en développement n'est pas comparable à un taux équivalent, dans un pays "développé" comme le nôtre. L'inflation au Venezuela était beaucoup plus élevée avant l'arrivée de Chávez. Elle était de 36% en 1998 et même de 100% en 1996. On peut donc noter diminution continue depuis la prise en main de l'économie par le gouvernement bolivarien. En février 2003, elle se situait à 40% et a diminué d'environ 10% par an depuis, pour remonter légèrement récemment, mais, tout en se stabilisant.

22e point: L'importante opinion de Washington: INFORMATION (sic)
La réaction de Washington est tellement prévisible qu'il n'est d'aucun intérêt de la rapporter.
Elle sert toujours à apporter de l'eau au moulin de la manipulation de l'opinion.
Dans ce cas-ci, on met l'accent sur la victoire du peuple qui a remis Chávez à sa place.
Si le OUI, l'avait remporté, on se serait dit préoccupé par les anomalies constatées lors du scrutin et on aurait subtilement soutenu (sans le soutenir officiellement) la thèse de la fraude. Washington aurait mis des jours avant de reconnaître le résultat.
Les journalistes auraient rapporté la réaction de la Maison Blanche comme une grande nouvelle et la crédibilité accordée à ce cirque de manipulation aurait été incontestable.
Quel journalisme avons-nous!!!!


En faisant un survol des points, on s'aperçoit rapidement que l'information pure est peu présente. 3 points seulement sur 22.
Beaucoup de désinformation. Je ne vous conseille pas de prendre mes dires sans vérification. Je suggère à tous de lire de lire de lire et de s'informer à diverses sources. Internet est un outil de recherche fantastique. Mais le mieux est d'aller sur place. Une bonne connaissance de l'espagnol est un pré requis. Ce pays est très insécuritaire. La criminalité est bien présente. C'est le pays le plus politisé que je connaisse et un des plus beaux aussi.

Lorsque l'on finit de lire un texte comme celui de M. Lévesque, il faut se demander ce que l'on a appris, ce que l'on a retenu et surtout quel sentiment nous il nous reste?
Les textes orientés sur l'opinion, assaisonnés de désinformation, n'ont pour but que d'aiguiller votre impression et non de favoriser votre réflexion.



Serge Charbonneau
Québec


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