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« Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nos sociétés vivaient sous l'emprise des petites peurs liées à l'hygiène, à l'écologie et à l'alimentation, loin des grandes peurs «moyenâgeuses» de la peste, de la faim et de la guerre. » Il faudrait que M Hassner aille voir de plus près les textes de Louis-Ferdinand Destouches (alias Céline) lorsqu'il se rendit en Afrique. Comme cela fut déjà relevé, nous savons que le médecin Destouches bien avant la guerre contrairement à ce que nous dit M Hassner, voyait l'Afrique comme le lieu de « toutes les maladies attrapables ». Le paradoxe fut de considérer que « les maladies » dans les colonies exprimaient un trop plein de vie plutôt qu'un signe de mort. C'était une horreur pour un hygiéniste puisque ce fut pour cette raison qu'il partit en Afrique afin de soigner les innombrables maladies de la terre africaine. Autrement dit, l'Europe est stérile avec ses gens pâles et les africains sujets à toutes les maladies, donc moins fréquentables. Le colonialisme occidental a été continuellement accablé de contradictions entre l'échange vertueux et le danger de la contagion, et de là vient ce jeu complexe de flux et de barrières hygiéniques entre les métropoles et les colonies. Nous avons aussi le texte de Joseph Conrad, Au coeur des ténèbres, où un personnage, Marlow, découvre à son retour du Congo belge, une Bruxelles à la pâleur mortelle par rapport à la monstrueuse surabondance de vie dan la colonie africaine. Cette contradiction expliquerait entre autres cela. Je ne crois pas que ces pays sont sujets à des passions facilement exprimables.
