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Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le lundi 03 décembre 2007 09:00



« Au siècle d'Hitler et de Ben Laden... », c'est un amalgame rapide et sans explications. Hitler début du XXème siècle, est un homme du XIXème siècle; Ben Laden, début du XXIème, est un homme du XXème siècle. Ce qui les porte est incommensurablement, apodictiquement dirais-je, différent. Nous aurions plutôt intérêt à lire Jan Pactocka et la critique des évènements de septembre 2001 par Baudrillard et je le cite : "Que les citoyens des États-Unis ne supportent pas de voir leur mort en face est une chose, mais qu'ils remodèlent l'image devient très troublant. Ils sont dans la propagande purifiée. On finit par ne plus devoir rien montrer. Alors règne, en maître incontesté, le commentaire de l'événement transformé en stéréotype visuel universel". Là ça devient intéressant et pour en finir tout en étant d'accord avec M. Paquet, encore Baudrillard : « C'est très logiquement, et inexorablement, que la montée en puissance de la puissance exacerbe la volonté de la détruire. Et elle est complice de sa propre destruction. Quand les deux tours se sont effondrées, on avait l'impression qu'elles répondaient au suicide des avions-suicides par leur propre suicide. On a dit : "Dieu même ne peut se déclarer la guerre." Eh bien si. L'Occident, en position de Dieu (de toute-puissance divine et de légitimité morale absolue) devient suicidaire et se déclare la guerre à lui-même. »
« Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, nos sociétés vivaient sous l'emprise des petites peurs liées à l'hygiène, à l'écologie et à l'alimentation, loin des grandes peurs «moyenâgeuses» de la peste, de la faim et de la guerre. » Il faudrait que M Hassner aille voir de plus près les textes de Louis-Ferdinand Destouches (alias Céline) lorsqu'il se rendit en Afrique. Comme cela fut déjà relevé, nous savons que le médecin Destouches bien avant la guerre contrairement à ce que nous dit M Hassner, voyait l'Afrique comme le lieu de « toutes les maladies attrapables ». Le paradoxe fut de considérer que « les maladies » dans les colonies exprimaient un trop plein de vie plutôt qu'un signe de mort. C'était une horreur pour un hygiéniste puisque ce fut pour cette raison qu'il partit en Afrique afin de soigner les innombrables maladies de la terre africaine. Autrement dit, l'Europe est stérile avec ses gens pâles et les africains sujets à toutes les maladies, donc moins fréquentables. Le colonialisme occidental a été continuellement accablé de contradictions entre l'échange vertueux et le danger de la contagion, et de là vient ce jeu complexe de flux et de barrières hygiéniques entre les métropoles et les colonies. Nous avons aussi le texte de Joseph Conrad, Au coeur des ténèbres, où un personnage, Marlow, découvre à son retour du Congo belge, une Bruxelles à la pâleur mortelle par rapport à la monstrueuse surabondance de vie dan la colonie africaine. Cette contradiction expliquerait entre autres cela. Je ne crois pas que ces pays sont sujets à des passions facilement exprimables.

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