Vos réactions
Victoire de Chavez, défaite pour les fabricants d'images
Le dictateur stalinien, hitlérien, l'autoritaire ne pourra mettre en place sa réforme.
Le plus grand ami de Fidel, le pire ennemi de George...
Va-t-il sortir son armée, sa police pour écraser ceux du peuple qui n'ont pas voulu de sa réforme?
Va-t-il utiliser la méthode Musharaff: emprisonner l'opposition, censurer la presse, couper les communications, réprimer les manifestations, pour réinstaller la démocratie comme au Pakistan?
Lorsque l'opposition sera bâillonnée, peut-être enlèvera-t-il sa chemise rouge pour bien montrer son côté démocratique, comme Musharaff a enlevé son uniforme pour revêtir un costume démocratique impeccable et Washington va-t-il sourire?
Le peuple a décidé que la bête noire de Washington s'était trompée.
Ce peuple dominé, acheté, vendu, a-t-il eu le dernier mot, dimanche dernier?
Mais qu'est-ce donc que la démocratie?
Lorsque l'option de Washington est gagnante, le processus est démocratique. Le terrible méchant Chavez a perdu: 50.7% pour le NO et 49.3% pour le Si dans le bloc A (articles modifiés de la constitution de 1999, présentés par Chavez en octobre 2007
et 51.05% pour le NO contre 48.95% pour le Si dans le bloc B (les articles proposés ajoutés par la suite de lors d'une tournée de réunions de citoyens, du genre Bouchard-Taylor).
Une fois de plus, la dictature vénézuélienne a donné une leçon de démocratie au monde entier. Le peuple vénézuélien continue de mener sa destinée comme il l'entend.
Bien sûr que ce n'est pas un échec référendaire (on connaît ça, ici, au Québec) qui va faire en sorte que les partisans d'une réforme constitutionnelle vont baisser les bras et tout abandonner. Tout comme ceux qui veulent renverser Chavez n'ont jamais baissé les bras, même en perdant trois élections et deux référendums.
Chose sûre, si le résultat avait été inverse, si le OUI l'avait remporté avec cette si mince majorité, les cris de FRAUDE, auraient fusé de partout. Washington aurait rapidement déclaré ses grandes préoccupations face à ce processus antidémocratique frauduleux!
Toutes les chaînes privées auraient lancé des cries stridents de FRAUDE. Le résultat n'aurait pas été accepté et l'incitation à la violence aurait été lancée pour jeter le pays dans le chaos afin de mettre en place les ingrédients à une autre tentative de coup d'État (démocratique (sic)).
Je suis soulagé que le NON l'ait emporté. Je craignais énormément pour mes amis vénézuéliens. J'avais peur que la frustration de l'opposition les pousse vers une guerre civile.
Même si, maintenant, ce référendum est chose du passé, la politique vénézuélienne et sud-américaine continueront de cheminer vers une amélioration des conditions de vie des Sud-américains. La défaite de ce référendum renforcera peut-être la crédibilité de Chavez.
Son attitude, sereine et humble face à ce résultat devrait être profitable pour son image. Mais, bien sûr, l'image d'un dirigeant politique ne se façonne pas par ses actes et ses réalisations, mais plutôt par la manipulation médiatique.
Pour preuve, nous n'avons qu'à sonder l'Amérique avec la question: " Qui représente le mieux la dictature, Chavez ou Musharaff? "
Analysons les médias, comptons combien d'articles de mise en garde contre ce "régime dictatorial vénézuélien" et combien d'articles sur la marche dans le chemin de la démocratie du "gouvernement" de Musharaff?
Les médias suivent des courants imposés par de mystérieuses marées. On a accordé beaucoup beaucoup d'article sur Kasparov emprisonné 5 jours, mais combien sur Imran Khan, emprisonné sept jours et mis en résidence surveillée?
On s'intéresse plus aux échecs, qu'au cricket, me direz-vous! Pourtant, ces deux hommes ont un statut totalement équivalent!
Les attaques médiatiques cibleront maintenant la réforme bolivienne qui veut accorder plus de sécurité au peuple indigène. Morales sera le méchant malade qui va étouffer économiquement son pays en tentant de nationaliser les principales compagnies multinationales qui exploitent les richesses du pays en laissant certaines retombées pour quelques riches familles boliviennes. Comme on ne perd pas une occasion de rappeler que Chavez est un ancien putschiste, on n'en perd pas une pour rappeler que Morales est ce drogué qui préconise la culture de la coca! Puis il y a ce Correa et ce Ortega ressuscité. Chavez, ce fils spirituel de Castro, le chef des méchants qui s'enrichissent au détriment des pauvres compagnies pétrolières, gazières, bananières, sucrières,... Ces méchants qui achètent leurs électeurs des milieux pauvres. Ces méchants qui étranglent les profits de ces entrepreneurs qui développent leurs pays depuis de longues décennies et qui luttent (sic) contre la pauvreté. Ces méchants qui exploitent (sic) la pauvreté.
Tout comme Chavez et le mouvement socialiste bolivarien ne baisseront pas les bras, les médias, ces sculpteurs de l'image, ne cesseront pas de mettre en garde le monde entier contre ces monstres qui luttent avec les pauvres afin répandre la dignité à tous.
Avec ce résultat, ce n'est pas Chavez qui perd le plus, ce sont ces fabricants d'images.
Une défaite monumentale de ces fabricants de dictatures pour certains pays et camoufleurs de dictatures pour certains autres.
Vive la démocratie, la vraie.
Serge Charbonneau
Québec
