Concerts classiques - Le dimanche des sopranos

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Christophe Huss
Édition du lundi 03 décembre 2007

Mots clés : Gala de l'Opéra, Québec (province), Culture, Musique, Montréal

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GALA DE L’OPÉRA
Adina Aaron, Marianne Fiset, Othalie Graham, Aline Kutan et Aylin Perez (sopranos), Robynne Redmon (mezzo), Marc Hervieux, Edgar Ramirez, Thomas Rolfe Truhitte et Dinyar Vania
(ténors), Michael Corvino, Daniel Okulitch, Daniel Sumegi, Daniel Sutin et Grant Youngblood (barytons), Alain Coulombe, Andrew Funk, Brian McIntosh et Philip Skinner (basses), OrchestreMétropolitain du Grand Montréal, Paul Nadler. Salle Wilfrid-Pelletier, le 2 décembre à 14h.
FESTIVAL BACH Concertos brandebourgeois n° 2 et 5. Cantates pour soprano solo BWV 51 et 209. Suzie LeBlanc (soprano), Il Gardellino. Église St. James United, le 2 décembre à 18h30.
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Christophe Huss
Le douzième Gala de l’Opéra de Montréal est parvenu à prolonger la réussite du millésime 2006: beaucoup de réussites et peu de déceptions, au premier rang desquelles les vociférations syllabiques d’Alain Coulombe dans Mozart et de Thomas Rolf Truhitte dans Wagner. En retrait aussi, les barytons Michael Corvino et Daniel Sumegi à l’émission vocale nasale ou voilée.

Tous les autres chanteurs furent au prometteurs (le ténor Dinyar Vania, qui a besoin d’un bon coach vocal pour devenir autre chose que doublure de la doublure de Juan Diego Florez), voire exceptionnels, comme Aline Kutan dans un air de Mignon d’Ambroise Thomas ou la soprano Alina Aaron, qui chante bien mieux qu’elle s’habille.

Aline Kutan a largement dépassé le stade de «rossignol» habituel aux sopranos colorature; le registre est riche, les pianos habités. Aaron possède elle aussi une voix ample; ses bas médiums somptueux passent presque inaperçus en regard de ses aigus filés. Au registre des sopranos, on citera l’admirable Mimi de Marianne Fiset, toujours aussi émouvante, la puissance d’Othalie Graham (pour combien de temps?) et le talent sûr d’Ailyn Perez.

Belle brochette masculine également, avec Marc Hervieux, le ténor mexicain Edgar Ramirez et quelques barytons ou basses, nobles et impeccables artistes : Daniel Sutin, Grant Youngblood, Philip Skinner (dans l’ardu Vaisseau fantôme), Daniel Okulitch et le discret mais impressionnant Andrew Funk.

Tout cela a été mené par un chef aguerri, Paul Nadler, à la tête d’un Orchestre Métropolitain qui gagnerait à programmer plus de Wagner pour y trouver ses repères. Achevé à 17h45, le bain musical se poursuivait à quelques mètres de là, avec l’ouverture du Festival Bach et une première «grande visite», celle des Belges d’Il Gardellino, venus sans leur inspirateur, l’hautboïste Marcel Ponseele.

Il Gardellino sans Ponseele, c’est comme les Pingouins sans Sidney Crosby : ça joue, mais ce n’est pas la même game. Mais le hautbois n’avait pas sa place dans ce programme intitulé Que sonne la trompette!, mais où le 2e Concerto brandebourgeois (avec trompette) avait été remplacé par le Cinquième (avec clavecin). De la trompette (naturelle), on en a eu dans la Cantate BWV 51 et on n’était pas mécontent que ça s’arrête là…

Il Gardellino a frappé par sa justesse d’ensemble, sa douceur sonore, la beauté des flûtes. On s’étonne pourtant qu’un musicien aussi aguerri que le violoniste François Fernandez ne soit pas plus impeccable dans le 1er mouvement du 4e Brandebourgeois. C’est donc, au final, Suzie LeBlanc, en belle forme vocale, parfaitement claire et à l’aise dans les vocalises, qui a raflé la mise.


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