Cuba - Fidel Castro pourra se présenter au prochain scrutin présidentiel
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Photo: Agence France-Presse
Le vieux dirigeant communiste, âgé de 81 ans, en convalescence, a cédé le pouvoir à son frère Raul, 76 ans et six autres dirigeants, officiellement à titre provisoire depuis le 31 juillet 2006, après une opération en urgence pour une hémorragie intestinale.
Sa désignation à l'unanimité et par acclamation, a été ovationnée par les délégués de l'assemblée municipale de Santiago de Cuba, à 900 km à l'est de La Havane, où il avait proclamé la victoire de la révolution de 1959.
Le vice-président Carlos Lage a affirmé que la candidature à la députation de M. Castro était une réponse «à l'immense affection, respect, considération et reconnaissance de notre peuple» et le résultat du «rétablissement» en cours de M. Castro, dont il a souligné qu'il continuait de «diriger» le gouvernement.
«Fidel travaille comme président du Conseil d'État parce qu'il n'y a pas de tâche plus importante au monde que de faire prendre conscience: un monde menacé par les guerres, le tarissement des ressources naturelles et des carburants a besoin de citoyens responsables», a poursuivi M. Lage.
L'opposition cubaine a quant à elle exprimé sa «frustration» quant à la nomination à la députation de Fidel Castro et a estimé que sa réélection éventuelle à la présidence nourrirait l'«immobilisme» que vit Cuba depuis que le vieux leader est tombé malade il y a 16 mois.
«Nous n'allons pas obtenir des solutions de la part du gouvernement, le peuple va devoir continuer à les chercher, parce que le gouvernement ne va résoudre aucun des problèmes sociaux, économiques et politiques qui existent dans le pays», a déclaré à l'AFP l'opposante Martha Beatriz Roque.
L'opposant Vladimiro Roca a estimé quant à lui que «plus d'immobilisme que ce qui existe déjà, ce n'est pas possible». «L'immobilisme commencera à se réduire quand le peuple commencera à bouger», a-t-il dit, ajoutant que 2008 serait une année décisive.
Les 169 assemblées municipales, élues en octobre, se sont réunies hier pour choisir 50 % des candidats à l'Assemblée nationale, l'autre moitié ayant déjà été désignée par une Commission nationale des candidatures, composée d'organisations «sociales» dirigées par le syndicat unique, la Centrale des travailleurs de Cuba (CTC).
Le scrutin au suffrage universel devant désigner les 610 députés de l'Assemblée nationale et 1210 élus des provinces aura lieu le 20 janvier.
L'Assemblée nationale sortie des urnes désignera ensuite dans un délai maximal de 45 jours les 31 membres du Conseil d'État, la plus haute instance de l'exécutif cubain, présidée par Fidel Castro depuis sa création en 1976. Elle aura donc la responsabilité historique de reconduire ou non à la tête de l'État le fondateur du régime cubain, d'ici au plus tard le 5 mars 2008.
Fidel Castro est le seul dirigeant qu'aient connu 70 % des 11,2 millions de Cubains.
Tout en commentant régulièrement l'actualité dans des articles publiés par la presse officielle, il poursuit une lente convalescence à l'écart du pouvoir direct. Il a subi plusieurs nouvelles interventions chirurgicales et n'a pas été revu en public depuis le 26 juillet 2006 sauf à la télévision dans des interventions pré-enregistrées.
À l'occasion du scrutin présidentiel, les scénarios possibles vont de la reconduction du statu quo, jugé le plus probable, à l'officialisation de la succession passée à Raul Castro ou une figure de la nouvelle génération, le nom de Carlos Lage, 56 ans, un des vice-présidents du Conseil d'État, étant le plus cité.
Raul Castro a également été désigné pour devenir député par la municipalité de Segundo Frente toujours dans la province de Santiago de Cuba, ce qui lui permettrait d'être candidat à la présidence en cas de retrait de son frère.
Le vice-président Lage, le président du Parlement Ricardo Alarcon postuleront aussi un siège à l'Assemblée nationale.

