Élections américaines - Les favoris vacillent

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AFP
Édition du lundi 03 décembre 2007

Mots clés : Hillary Clinton, candidats, présidentielle américaine, Élection, États-Unis (pays)

L'issue de la présidentielle reste incertaine

Washington -- Qu'ils soient démocrates ou républicains, les favoris à l'investiture pour la présidentielle américaine de 2008 vacillent, devant l'offensive de leurs principaux rivaux, rendant l'issue de la bataille incertaine à un mois des premières échéances électorales.

Le temps où Hillary Clinton était dépeinte comme «l'inévitable» candidate démocrate est révolu. Son principal rival, le sénateur noir Barack Obama la devance dans les quatre derniers sondages dans l'Iowa, l'État-clé où se tiendront le 3 janvier les premières assemblées électorales visant à désigner les candidats de chaque parti.

Du côté républicain aussi, le pasteur baptiste Mike Huckabee, encore inconnu il y a quelques semaines, crée la surprise en prenant la tête des intentions de vote dans l'Iowa, loin devant le favori au niveau national, l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani.

Karl Rove, l'ancien conseiller politique du président George W. Bush, juge que la bataille «va être très pénible pour les favoris des deux camps». «Nous sommes en territoire inconnu, et il y a très peu de temps avant les primaires», a-t-il déclaré hier sur la chaîne Fox News.

À ce stade de la plus longue et de la plus ouverte des campagnes électorales en plusieurs décennies, les candidats doivent désormais sortir du rang et éliminer leurs adversaires à moins d'être mis eux-mêmes KO.

Dans les derniers sondages de l'Iowa, M. Obama devance l'ex-première dame des États-Unis, gagnant 6 points depuis octobre, tandis que leur rival John Edwards arrive juste derrière.

Les sondages montrent aussi que la large avance de Mme Clinton se rétrécit dans le New Hampshire (nord-est), où se tiendront les premières primaires le 8 janvier.

Alors que son mari Bill Clinton avait remporté la présidentielle en 1992, sans avoir gagné dans aucun de ces deux États, les analystes estiment qu'une double défaite dans l'Iowa et le New Hampshire pourrait coûter cher à sa femme.

«Cela devrait vraiment commencer à affecter cette notion d'inévitabilité qui est l'un de ses points forts», estime Andrew Dowdle, professeur en sciences politiques de l'université de l'Arkansas.

Cible des attaques de Barack Obama, Mme Clinton a perdu 4 points en un mois dans les intentions de vote dans l'Iowa et elle en a perdu 10 dans l'électorat féminin, qui lui était jusqu'alors acquis.

Mais forte de l'appui de son célèbre époux, Hillary Clinton dispose encore d'atouts, avec une large avance au niveau national.

«Je pense qu'elle a la capacité de résister à des tempêtes que d'autres candidats ne pourraient pas supporter», a ajouté M. Dowdle.

Du côté républicain, aussi, le favori au niveau national, l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani est distancé dans les sondages de l'Iowa, relégué en troisième position avec à peine 13 % des suffrages, selon un sondage publié hier par le Des Moines Register.

Tour à tour éloquent et drôle, l'ancien gouverneur de l'Arkansas, Mike Huckabee, un solide conservateur, a fait une ascension saisissante, recueillant 29 % des intentions de vote de l'Iowa, une progression de 17 points en un mois.

Mitt Romney, l'ex-gouverneur du Massachusetts qui a dépensé des millions de dollars dans sa campagne dans l'Iowa, arrive deuxième avec 24 %.

«J'ai plus d'expérience de l'exécutif» que M. Giuliani, a lancé M. Huckabee, hier sur la chaîne ABC. «Je ne suis pas le candidat favori des gens de Wall Street», a-t-il accusé.

Malgré sa popularité issue de sa gestion des attentats du 11-Septembre, M. Giuliani, critiqué pour ses positions libérales sur l'avortement, est aussi confronté à un scandale sur l'utilisation de fonds publics à des fins privées lorsqu'il était maire de New York.

La campagne «n'a jamais été aussi ouverte depuis des décennies», résume M. Dowdle.


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