RDC - Le camp Nkunda dit s'être emparé de la base de l'armée à Nyanzale

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AFP
Édition du lundi 03 décembre 2007

Mots clés : Forces armées de République démocratique du Congo, Nyanzale, Forces armées, Congo-Brazzaville (pays)

Goma -- Le camp du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda a affirmé hier avoir chassé les Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC) de leurs positions de Kikuku et de Nyanzale, quartier général d'une brigade de l'armée au Nord-Kivu.

Des affrontements ont débuté tôt hier entre la 15e brigade des FARDC et les troupes insurgées ralliées à Nkunda à Kikuku, un village situé à plus d'une centaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale provinciale Goma, avant de s'étendre en direction de Nyanzale, à une trentaine de kilomètres plus au nord, selon la Mission de l'ONU en RDC (Monuc).

«Nous avons passé la journée dans des positions FARDC à Kikuku et Nyanzale [où se trouve le quartier général de la 15e brigade]. Nous troupes y sont toujours ce soir», a déclaré à l'AFP René Abandi, porte-parole du mouvement politico-militaire de Nkunda.

«Nous avons récupéré des munitions mais nous avons détruit les armes lourdes parce que nous n'avons pas les moyens de les transporter», a-t-il poursuivi.

Il a affirmé que l'objectif des troupes insurgées était de détruire des pièces d'artillerie qui avaient «plusieurs fois pilonné» leurs positions, et «pas d'occuper les villages».

L'état-major des FARDC est resté injoignable toute la journée, mais des soldats loyalistes joints par l'AFP avaient confirmé dans l'après-midi que des «combats très durs» se déroulaient «près de Nyanzale».

D'importants stocks de munitions étaient entreposés dans les positions FARDC à Kikuku, où venait d'arriver la solde des militaires pour novembre, selon un officier loyaliste.

Ces affrontements ont entraîné le déplacement de centaines d'habitants de la zone de Kikuku, qui ont fui vers les localités de Mirangi et Kibirizi, situées entre 10 et 15 km au nord-est, puis jusqu'à Kanyabayonga (à plus de 40 km au nord).

«Nous avons fui sans rien emporter. Les militaires aussi ont fui. Les [soldats loyalistes] blessés ont été amenés à Kibirizi», a déclaré à l'AFP Joseph Bahati, un agriculteur de Kikuku venu se réfugier à Mirangi.

Un infirmier du centre de santé de Kibirizi a confirmé à l'AFP que plusieurs militaires des FARDC blessés avaient été admis dans son centre de santé.

Dimanche soir, la Monuc, qui ne dispose d'aucune base dans le secteur, n'était pas en mesure de confirmer la chute de Nyanzale.

Depuis la mi-août, le Nord-Kivu est le théâtre d'affrontements entre FARDC, qui y ont massé plus de 20 000 hommes, et quelque 4000 soldats insurgés ralliés à Nkunda.

L'armée congolaise a été fortement renforcée en armements lourds et munitions ces dernières semaines, en prévision d'une vaste offensive contre les troupes de Nkunda, qui refuse toujours de déposer les armes en dépit d'appels répétés de Kinshasa, de la Monuc et d'intenses pressions diplomatiques, notamment américaines.

Mais le lancement d'une offensive d'envergure contre Nkunda inquiète humanitaires et observateurs militaires, qui doutent de la capacité de l'armée régulière à l'emporter contre des troupes mobiles, familières du terrain et qui pourraient se lancer dans des opérations de guérilla meurtrières pour les civils.

Dimanche, toutes les agences humanitaires et personnels onusiens du Nord-Kivu ont été appelés à suspendre tout déplacement hors de Goma.

Le Nord-Kivu compte actuellement quelque 800 000 déplacés de guerre, selon l'ONU.


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