Immigration : les données du recensement seront rendues publiques demain
Mots clés : recensement, Sondage, Immigration, Québec (province)
Toronto -- Les immigrants se retrouveront sous les feux de la rampe demain, avec la publication de nouvelles informations, tirées du dernier recensement, sur le nombre d'immigrants au pays -- des données qui alimenteront l'épineux débat sur la question de savoir si le Canada accepte trop d'immigrants, ou pas assez.
La publication des données, demain, apportera des précisions sur la situation de ces nouveaux venus.
Pendant qu'Ottawa courtise assidûment les travailleurs qualifiés autour du monde afin de favoriser la croissance de l'économie canadienne, au moins un expert affirme que le pays ne peut plus soutenir les niveaux actuels d'immigration, et que le système doit être révisé.
Selon différents sondages d'opinion publique, entre un tiers et la moitié de la population serait d'avis que les niveaux d'immigration sont trop élevés.
«Plusieurs personnes pensent qu'une réforme est vraiment nécessaire, mais les gens ont peur d'en parler, de crainte d'être traités de racistes», déclare Martin Collacott, un ancien ambassadeur canadien qui a travaillé pendant 30 ans pour le ministère des Affaires extérieures.
«Nous avons besoin d'immigrants, mais plusieurs indices démontrent que nous en acceptons beaucoup plus que ce dont nous avons besoin et que nous sommes capables d'absorber, et cela devrait être repensé.»
Le portrait démographique du pays indique qu'avec le début du départ massif des baby-boomers à la retraite, le besoin de main-d'oeuvre qualifiée pour les remplacer sera grand. Selon les projections de Statistique Canada, la chute du taux des naissances, plus le vieillissement de la population, feront de l'immigration la seule source de croissance de la population à partir de 2030.
«Il n'y a pas de doute que le marché a besoin de l'entrée de nouvelles personnes dans la main-d'oeuvre», assure Ayman Al-Yassini, directeur de la Fondation canadienne des relations raciales. Son organisme est en faveur de politiques visant à attirer un nombre accru d'immigrants, dit-il.
Pour le sondeur Bruce Anderson, les sondages indiquent que lorsque l'économie va bien, les Canadiens sont plus portés à appuyer ce type de politique. Mais en d'autres temps, plusieurs Canadiens -- entre un tiers et la moitié, selon la formulation de la question -- voudraient freiner l'afflux d'immigrants, affirme M. Anderson, le président de la maison de sondage Harris-Décima. «Il semble que cette proportion monte ou baisse en fonction de la santé de l'économie.»

