Élection présidentielle au Liban - Le général Sleimane maintenant seul candidat en lice

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AFP
Édition du lundi 03 décembre 2007

Mots clés : candidats, chef de l'armée, général Michel Sleimane, Élection, Liban (pays)

Le chef de l'armée libanaise, Michel Sleimane, ne s'est jamais dit candidat, mais, au Liban, il n'est pas obligatoire de faire acte de candidature pour devenir président.

Photo: Agence Reuters

Beyrouth -- Le chef de l'armée libanaise, Michel Sleimane, est désormais le seul candidat en lice pour la présidentielle, selon la majorité et l'opposition, mais son élection attend toujours un amendement constitutionnel, alors que la présidence est vacante depuis plus d'une semaine.

«Le général Sleimane est désormais un candidat incontournable. Il est le seul choix, qui doit être maintenant concrétisé par un amendement de la Constitution», a affirmé à l'AFP un responsable de l'opposition soutenue par Damas et Téhéran, sous couvert de l'anonymat.

L'amendement est une condition sine qua non pour l'élection du chef de l'armée, car, en vertu de l'article 49 de la Constitution libanaise, il est interdit aux hauts fonctionnaires de devenir chef de l'État, sauf s'ils démissionnent de leur poste deux ans avant l'élection.

L'amendement devrait être débattu en séance parlementaire dans les prochains jours, a ajouté le responsable.

Le chef de l'armée ne s'est jamais dit candidat, mais, au Liban, il n'est pas obligatoire de faire acte de candidature pour devenir président. Le chef de l'État est élu par le Parlement.

La séance parlementaire consacrée à l'élection a été fixée à vendredi, après six reports faute de consensus entre les deux camps.

«Si [l'amendement] passe comme prévu, on devrait avoir un président vendredi», a déclaré Karim Pakradoni, président du parti chrétien des Phalanges, membre de la majorité parlementaire antisyrienne.

Après avoir proposé le nom du général Sleimane comme solution au blocage, la majorité soutenue par l'Occident devrait annoncer dans la semaine son soutien officiel à cette candidature, selon Antoine Zahra, député des Forces Libanaises (chrétien).

La coalition au pouvoir était opposée au départ à tout amendement constitutionnel, d'autant que l'élection et la réélection de l'ex-président Émile Lahoud, également ancien chef de l'armée, avaient nécessité en 1998 et 2004 des amendements imposés par la Syrie, ancienne puissance de tutelle.

«La majorité a accepté le principe de l'amendement pour faire face à un vide présidentiel inacceptable», a expliqué M. Zahra.

Un des piliers de l'opposition, le chrétien Michel Aoun, lui-même candidat à la présidence, a appuyé également la candidature du général Sleimane, mais à condition qu'il occupe la présidence uniquement pour deux ans, soit jusqu'aux législatives de 2009.

Le mandat présidentiel est de six ans non renouvelables.

Quant au Hezbollah chiite, qui mène l'opposition, il a lié son soutien au chef de l'armée à l'approbation de M. Aoun.

D'ordinaire très discret dans ses déplacements, le général Sleimane a multiplié les rencontres avec des hommes politiques et des dignitaires religieux, parmi lesquels l'influent patriarche maronite, communauté dont est issu le président.

Bien que certains l'accusent d'être un allié de Damas, le général Sleimane est resté neutre lors de la crise autour de la présidentielle, appelant ses troupes à rester à l'écart des disputes politiques.

La majorité accuse l'opposition de vouloir un président soumis à Damas et Téhéran, tandis que celle-ci estime que la coalition au pouvoir veut un chef de l'État inféodé aux États-Unis.

La crise libanaise est interprétée comme un prolongement du bras de fer opposant les États-Unis à la Syrie et à l'Iran.

Selon M. Pakradoni, il existe «une entente régionale et internationale sur la personne du général Sleimane».

«La Syrie est devant un test aujourd'hui, d'autant plus qu'elle n'a rien à redire sur le chef de l'armée», estime de son côté Farès Soueid, membre de la majorité antisyrienne.


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