Mgr Ouellet peut être sincère dans ses propos de réconciliation, l'histoire nous le dira. De toute façon nous n'avons pas à le juger. Il ne peut assumer seul toute la responsabilité de l'Église. Celle-ci a toujours cherché à se protéger comme Institution. De Giordano Bruno, brûlé sur le bûcher par l'Inquisition, au XVIe siècle à Eugen Drewermann auquel notre sainte (sic) Église retira la chaire d'enseignement au début des années 90, les hautes autorités ont toujours fait preuve d'un grand conservatisme. De plus, les clercs du Québec, eux-mêmes mal à l'aise dans leur propre Église, l'ont quitté en grand nombre ces dernières décennies. Les témoignages de messieurs Charbonneau et Barrette qui paraissent fort blessés par l'église, en sont des exemples éloquents. Alors que celle-ci aurait pu changer dans les années 90 sous l'impulsion de Drewermann, prêtre catholique qui se voyait aussi comme un thérapeute au service de ses fidèles. Son interprétation des écrits religieux m'a touché et raffermit ma foi envers Dieu laquelle est demeurée toutefois chancelante envers l'Institution. Ce pasteur fait appel à plusieurs disciplines pour étudier la religion catholique et pour critiquer notre sainte (sic) église catholique: exégèse biblique, histoire des religions, théologie morale, romans et contes, philosophie, éthologie, paléontologie et psychiatrie. Il avait le souci du bien-être de ses fidèles avant tout. L'église catholique a sûrement usé de tout son poids pour l'écarter alors qu'il aurait pu contribuer à sa réforme. Alors quoi penser des déclarations de mgr. Ouellet ? sincère ? intéressé ?
Réf. : Clé pour comprendre DREWERMANN, L'actualité religieuse dans le monde ARM, hors-série no 1, 68 p.
La parole qui guérit, Cerf, 1991, 330 p.
Psychanalyse et morale, en trois volumes, Cerf, 1992 : La peur et la faute, 151 p. L'amour et la réconciliation, 184 p. Le mensonge et le suicide, 129 p.
Fonctionnaires de Dieu, Albin Michel, 1993 , 638 p.