Vos réactions

@Pierre Zwngli

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Yvon Montoya (yvonmontoya@sympatico.ca)
Envoyé Le lundi 03 décembre 2007 14:00



Oui, je connais ce texte en espagnol et je connaissais bien la police franquiste d'alors. Je ne parle pas de la police franquiste à la guerre d'Espagne mais celle de l'après la guerre, plus exactement vers les années 1965 à 1975. J'ai connu des prêtres qui se cachaient chez l'habitant à Madrid et qui n'avaient aucune église puisqu'ils étaient trop du côté populaire. Même à l'époque de Franco dans les années 1970. Leurs apostolats se faisaient dans la clandestinité, c'était des hommes remarquables et forts courageux. Pendant ce temps-là, vous aviez d'autres prêtres qui prêtaient main forte à la police au cours d'interrogatoires musclés et entre 2 coups mortels portés à un adolescent dit « progressiste », ils y mettaient un Pater Noster, comme ça en passant.
Vous faites dans l'indignation mais vous oubliez le contexte politique, culturel, économique. Je vous conseille de voir le film de Buñuel que personne ne voit et qui est significatif de l'État économique de la terre espagnole, « Terre sans Pain ». Vous avez aussi Viridiana. La Révolution Française fut terrible aussi et la lutte pour la laïcité de même. Les droits des ouvriers furent acquis par le Front populaire en France au risque et péril de leurs vies. C'est le prix de l'utopie humaine, l'émancipation parla force plutôt que la mort par la prière des prêtres. Concernant l'Espagne, je vous conseille en toute objectivité de lire Maria Zambrano mais aussi tous les poètes/écrivains de cette terre depuis le Moyen-âge jusqu'à la génération 98 et j'en passe et ceux qui suivirent. Il faut comprendre que la marmite espagnole a explosée en 1936 et si vous lisiez le discours de Miguel de Unamuno, vous comprendriez mieux à quel degré elle chauffait cette marmite. Je crois aussi que vous ne prenez pas suffisamment de recul pour sentir et comprendre le profond ressentiment des pauvres/illettrés parmi les républicains, bien entendu au même titre que les franquistes, qu'ils avaient à l'égard des exactions de l'Église espagnole depuis des siècles. Toute l'intelligence, la sensibilité et la culture espagnole en témoignent. C'est de cela dont il s'agit parce qu'à vous entendre, on va se mettre à regretter les Romanov et Staline en Russie. Il y a un philosophe qui disait qu'il tenait « l'indignation pour plus grand pêché que le mensonge ». Il n'a pas tout à fait tord car il me semble ridicule en oubliant les contextes de la poudrière humaine, de dire : « Oui mais ces morts, et cela et ceux-ci. Sont-ils morts pires ou moins pires ». Il ya des connaissances OBJECTIVES comme un scalpel chirurgicale qui peuvent nous permettre de dire que cela n'est pas arrivé pour rien et je serai très déçu de savoir l'humanité de refaire l'apologie de la terreur sous prétexte que les opprimés de la terre ont fait pire. Faites l'effort de prendre la place de ces opprimés et après écrivez-moi. Vous savez que les français, mes chers compatriotes, ont érigé un « mur des martyrs » pour les morts du colonialisme d'Algérie. Peut-être qu'un jour érigerons-nous un mur pour la mort des tortionnaires, des usurpateurs, des non-démocrates et des non-laïques espagnols. Ce serait un mur de la honte. L'Église espagnole est la honte du christianisme, pourquoi la défendre? Je tressaille de frissons à repenser et à ressentir le désarroi de ma famille et de tant d'autres à ce sujet et vous voulez me faire entende raison à ce propos? Vous ne pouvez pas avoir ce que cela veut dire que d'être arrêté par les franquistes et si vous le saviez, vous n'écririez pas ce que vous écrivez. Merci pour votre partage qui est fort apprécié.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com