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Est-ce que nos gouvernements sont dans la locomotive de tête ou dans le wagon de queue ?

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Jean-Pierre Aubry
Envoyé Le samedi 01 décembre 2007 10:00



Dans l'édition du Devoir de ce matin, il y a cinq articles fort intéressants sur l'évolution de l'emploi au Québec :
· Québec demande des comptes, écrit par François Desjardins, suite aux 900 mises à pied par AbitibiBowater ;
· Patrons cherchent désespérément employés, écrit par Fabien Deglise, suite au manque de travailleurs dans le commerce de détail ;
· L'Abitibi minière importatrice de main-d'oeuvre, écrit par Émilie Parent-Bouchard, suite au manque de travailleurs dans le secteur minier de l'Abitibi ;
· Québec, aux pertes du plein emploi, écrit par Éric Desrosiers, suite aux difficultés de commerçants de Québec à trouver de la main-d'oeuvre au début des célébrations du 400e
· Sans travailleurs comment faire tourner l'économie, écrit par Éric Desrosiers, suite constat que la pénurie de main-d'oeuvre risque de mettre un frein au développement économique du Québec ;

De ces cinq articles, je tire les conclusions suivantes :

1. Les pénuries de main-d'oeuvre sont présentes depuis un bon bout de temps et elles s'amplifieront avec le vieillissement de la population.
2. Ces pénuries ralentiront sensiblement la croissance économique du Québec.
3. Nos gouvernements ne semblent pas être pas dans la locomotive de tête mais dans le wagon de queue. Ils ne présentent pas aux citoyens une bonne analyse de l'évolution des grandes variables macroéconomiques pour les dix prochaines années, de l'évolution des divers secteurs économiques et des ajustements économiques qu'il faudra faire pour mieux réagir à ces tendances économiques. Nos gouvernements réagissent souvent aux événements, notamment aux annonces de mises à pied, sans une stratégie claire. La surprise exprimée hier par le ministre Claude Béchard, sa demande à AbitibiBowater de rendre des comptes (même réaction avec les raffineurs) et ses menaces ne font que démontrer le niveau d'improvisation du gouvernement. Finalement, il n'y a très peu de coordination entre les deux ordres de gouvernement.
4. Le discours des syndicats est essentiellement une demande au gouvernement de faire reculer le train en injectant des subventions. Cependant, quand on analyse l'évolution des programmes de subventions des deux ordres de gouvernement ces cinq dernières années (incluant les subventions d'Ottawa aux trois grands manufacturiers américains du secteur de l'automobile), on peut comprendre leurs attentes.
5. "Dans un monde en plein changement où les entreprises font face à de très nombreux chocs (affectant les prix, la demande et la technologie), le gouvernement ne peut assurer la survie de toutes les entreprises et usines. Il doit plutôt créer des conditions qui permettent la création des nouvelles entreprises et l'arrivée de nouveaux investissements. Il doit mettre l'accent non pas sur un soutien artificiel à l'emploi par de subventions aux entreprises en difficulté, mais, comme le font les pays scandinaves, sur un fort soutien la formation des travailleurs mis à pied pour qu'ils puissent acquérir de nouvelles habiletés et décroche des emplois dans d'autres entreprises. Il faut mettre l'accent sur la flexibilité de notre économie." Voir Les priorités pour les prochains plans budgétaires du Gouvernement du Québec, http://www.asdeq.org/activites/comite-politiques-publiques/pdf/priorites.pdf . Faciliter le passage des employés du secteur du bois/papier au secteur minier est un exemple concret de ce qu'il y a à faire.
6. Le gouvernement semble passer beaucoup trop de temps à regarder dans le rétroviseur et pas assez à regarder où on s'en va. C'est ce qui arrive quand un gouvernement ne peut présenter un plan budgétaire formel de 5 à 7 ans et qu'il ne peut même pas avoir un budget annuel qui contient des provisions pour imprévus.

Jean-Pierre Aubry


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