Les libéraux ne resteront pas assis

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Alec Castonguay
Édition du samedi 01 et du dimanche 02 décembre 2007

Mots clés : Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, Parti politique, Gouvernement, Canada (Pays)

La stratégie de l'abstention tire à sa fin, assure le chef libéral

Stéphane Dion aime à dire qu'il a répondu aux vœux des Canadiens en s'abstenant de défaire le gouvernement Harper au cours de l'automne, mais il faut préciser que les troupes libérales n'étaient pas prêtes à entreprendre le combat électoral.

Photo: Jacques Nadeau

Ottawa -- Le chef libéral Stéphane Dion n'est pas encore sur le pied de guerre électoral, mais le moment approche où le gouvernement conservateur devra composer avec un Parti libéral beaucoup plus affamé que cet automne. Lors d'une entrevue avec Le Devoir hier dans son bureau de la colline parlementaire, Stéphane Dion a soutenu que l'année 2008 «sera une nouvelle époque».

«Je voudrais que ce gouvernement soit déjà défait, mais on a conclu que les citoyens ne voulaient pas d'élections cet automne et que moins ils en veulent, moins ils sont nombreux à être à l'écoute des écarts de visions et des différences entre nous et les conservateurs, estime Stéphane Dion, qui a pris la barre du Parti libéral du Canada il y a un an. Lorsque les gens seront plus à l'écoute, ça nous profitera.»

Cet automne, les troupes libérales étaient désorganisées, divisées sur la stratégie à suivre et plombées par des problèmes internes. Ils ont donc choisi de s'abstenir lors des votes de confiance qui mettent le gouvernement en danger. Les conservateurs ne se gênent d'ailleurs pas pour le rappeler à leurs adversaires à la moindre occasion.

Selon Stéphane Dion, les citoyens sont heureux de la stratégie libérale adoptée cet automne. «Il y a eu des élections en 2004, en 2006, en plus des élections dans les provinces, notamment au Québec et en Ontario, en 2007. Ça ne nous apparaissait pas réaliste. Même si ça ne nous fait pas toujours plaisir de nous abstenir face à ce gouvernement, quand on sort de la bulle parlementaire à Ottawa, tout le monde nous dit merci», soutient-il.

Défaire le gouvernement avant le budget?

Mais cette tactique de l'abstention tire à sa fin, affirme Stéphane Dion, qui reconnaît que cela ne peut pas durer indéfiniment. «Il me semble que les gens sont déjà plus à l'écoute qu'en octobre et que 2008 sera une nouvelle époque. Le gouvernement aura deux ans et les Canadiens seront peut-être plus nombreux à dire qu'il faut réévaluer le choix de 2006», dit-il.

Le chef libéral pourrait d'ailleurs faire tomber le gouvernement avant le prochain budget, prévu en mars. «On verra en 2008», se contente-t-il de dire. Mais de toutes les possibilités de renversement évoquées avec Le Devoir hier, aucune n'avait un lien direct avec le budget.

Est-ce que les changements climatiques pourraient être une bonne poignée pour défaire le gouvernement? «Oui, dit-il. Mais ça peut aussi être la peine de mort ou encore les cachotteries graves sur l'Afghanistan, notamment sur la torture. Ça peut être l'indifférence par rapport aux secteurs manufacturier et forestier. Et j'en passe. Il y a plusieurs raisons qui font en sorte que ce gouvernement peut perdre la confiance de la Chambre.»

Stéphane Dion a d'ailleurs déjà en tête les piliers de sa campagne électorale. «L'économie, la justice sociale et l'environnement, c'est ce qui m'a fait gagner la course au leadership de mon parti et ce qui me permettra de gagner les prochaines élections, je suis confiant», dit-il.


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