Mon vieux curé
Mots clés : société, identité, cardinal Ouellet, Immigration, Religion, Québec (province)
Quand j'ai vu le sublime témoignage du cardinal Ouellet devant la commission Bouchard-Taylor, je me suis frotté les yeux comme après un mauvais rêve. Je me retrouvais à l'école Sainte-Bernadette en 1950. Les mêmes clichés, la même foi aveugle, les mêmes admonestations. À cette époque, je croyais vraiment que les mécréants dont j'étais, ceux qui trichaient au carême, avaient de mauvaises pensées et regardaient les filles d'un air concupiscent étaient voués aux supplices éternels. Je fis mille cauchemars car la vie ne cessait de me proposer l'enfer et rarement le paradis. Je regardais le cardinal à la télé et je voyais mon ancien curé qui venait faire l'examen de catéchisme, entendant les mêmes paroles suaves, les mêmes menaces, le même constat de dépravation de la société moderne. À cette époque, je ne savais pas que je vivais dans une société moderne, mais le curé le savait, lui, et il semblait que le modernisme, notamment la télévision qui apparut trois ans plus tard, menaçait la fibre solide du peuple québécois. Voilà, je faisais un mauvais rêve.
Cher lecteur, le reste de cet article est réservé aux abonnés.
Si vous êtes abonnés mais n'avez pas encore activé vos privilèges, cliquez ici.
Si vous n'êtes pas abonné, cliquez ici pour vous abonner et avoir accès à tous les articles.
Si vous souhaitez poursuivre la lecture de cet article, vous pouvez l'acheter en cliquant ici.

