Douloureuse expérience
Mots clés : patient, anesthésie, Awake, Cinéma, Culture, États-Unis (pays)

Awake
Réalisation et scénario: Joby Harold. Avec Hayden Christensen, Jessica Alba, Lena Olin, Terence Howard, Christopher McDonald. Image: Russell Carpenter. Montage: Craig McKay.
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Joby Arnold, jeune cinéaste américain indépendant d'origine britannique, réalise ici son premier long métrage, dont il a signé le scénario, inspiré par une douloureuse expérience personnelle de pierres sur le foie qui lui a appris le sens du mot souffrance. Le climat d'angoisse est d'abord au rendez-vous, mais sur un scénario si compliqué inutilement qu'on décroche bien vite. Et puis le film, tourné platement, rythmé à l'américaine, est souvent mal joué, surtout par le couple de jeunes incarnés par Hayden Christensen et Jessica Alba, qui posent et sourient devant la caméra sans plonger dans leurs peurs et leurs émotions. Même Lena Olin (un des inoubliables visages de l'Insoutenable Légèreté de l'être) en fait trop dans le registre jaloux ou furieux.
L'histoire est celle de Clayton (Christensen), jeune homme cardiaque, surprotégé par sa mère (Lena Olin), en attente d'un coeur compatible avec son type sanguin, très rare. Après avoir épousé la fiancée (Jessica Alba) qu'il cachait à maman, il atterrit sur la table d'opération, sous la direction de son meilleur ami, un cardiologue au passé trouble (Terrence Howard) qui transplante le coeur avec son équipe.
Plutôt que de se concentrer sur le symptôme du rejet de l'anesthésie dont le héros est affligé -- avec poids d'horreur qui pourrait nourrir tout le film --, Joby Harold a imaginé une histoire tissée de complot, d'assassinat passé hantant la mémoire du patient, ajoutant couche sur couche à un scénario qui n'en réclamait pas tant. Les masques tomberont, faisant basculer les bons du côté des méchants et vice-versa, tandis que l'intrigue s'épivardera en tout sens.
Va pour la voix intérieure de l'opéré qui traduit sa souffrance et sa peur, en faisant frémir le spectateur à sa suite, mais Awake montre aussi les souvenirs de Clayton, avec force flash-back pas toujours nécessaires. Plus l'action avance, plus les péripéties paraissent invraisemblables. Au point d'effacer les frissons suscités par ce qui était au départ un film d'épouvante.
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