Montréal, métropole culturelle - De l'écho à l'international
Mots clés : Festival de jazz, métropole culturelle, Culture, Économie, Montréal
« Repenser le centre-ville en fonction de son offre culturelle ne peut pas faire autrement qu'assurer le rayonnement de Montréal »

«Même au niveau international, les rencontres de cette envergure pour discuter du développement d'une ville par la culture sont très rares. Nous avons suscité l'intérêt d'abord par notre démarche et je sais que Louise Sicuro, de l'organisme Culture pour tous, est allée à Strasbourg pour un colloque et des représentants de différents pays se sont montrés intéressés par la démarche», indique Isabelle Hudon, présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Le Quartier des spectacles
Un projet discuté lors du Rendez-vous a particulièrement attiré l'attention et c'est le Quartier des spectacles. L'annonce de l'engagement des trois ordres de gouvernement à y verser un total de 120 millions de dollars y est pour quelque chose. Qu'ils proviennent du secteur des arts, des affaires ou du milieu politique, plusieurs nourrissent de grandes attentes envers ce projet.
«Au même titre que le Quartier international, qui a gagné 25 prix dans le monde, le Quartier des spectacles servira de référence aux gens d'ailleurs», affirme Gérald Tremblay, maire de Montréal.
Simon Brault, président de Culture Montréal, croit aussi que le Quartier des spectacles pourra favoriser le rayonnement de Montréal sur la scène internationale. «Ça fait déjà plusieurs années qu'il n'y a pas eu de grand projet collectif qui a véritablement décollé à Montréal, alors le Quartier des spectacles suscite beaucoup d'intérêt. De plus, avec son design avant-gardiste, nous avons de bonnes chances d'attirer l'attention sur Montréal si le projet est réussi.»
La réalisation du Quartier des spectacles est une nouvelle formidable pour l'industrie, pour les artistes, pour la ville, pour la province ainsi que pour le pays, croit Mme Hudon. «Déjà, notre centre-ville attire beaucoup de touristes et le fait de repenser le centre-ville en fonction de son offre culturelle ne peut pas faire autrement qu'assurer le rayonnement de Montréal. Toutefois, nous devons faire preuve d'une extrême rigueur dans la qualité de l'aménagement du paysage urbain, comme on l'a fait avec le Quartier international. Nous devons nous dire que nous pouvons réussir aussi bien le Quartier des spectacles et, pourquoi pas, encore mieux!», ajoute-t-elle avec la fougue qu'on lui connaît.
Montréal jouit déjà d'une reconnaissance
Les stratégies de marketing et les efforts de cohésion sont importants, mais il n'en demeure pas moins qu'ils seraient vains sans une certaine richesse culturelle et un bassin de créateurs de grand talent dans la métropole.
«Et la créativité, c'est la force de Montréal! Plusieurs événements, artistes ou entreprises culturelles et artistiques font déjà rayonner la métropole sur la scène internationale», indique Gérald Tremblay. Le maire donne plusieurs exemples qui lui viennent en tête, que ce soit le Festival de jazz, par sa renommée internationale, le festival Juste pour rire qui se produit à Nantes, le Cirque du Soleil, l'Orchestre symphonique de Montréal qui a réussi à attirer le grand Kent Nagano ou encore, l'Orchestre métropolitain du grand Montréal avec Yannick Nézet-
Séguin qui a maintenant une reconnaissance internationale.
L'événement Rendez-vous - Montréal, métropole culturelle a en fait permis une prise de conscience du milieu politique et des affaires quant à la possibilité que Montréal s'impose véritablement dans le monde comme une métropole culturelle. C'est du moins l'avis de Simon Brault. «C'est certain que Montréal brille déjà à l'étranger par ses festivals et par quelques réussites, comme les spectacles de Carbone 14, de La La La Human Steps et de Robert Lepage entre autres, mais nous devons passer du phénomène anecdotique à une véritable stratégie de rayonnement international.»
Les affaires et la culture
Pour y arriver, Simon Brault croit qu'on doit arriver à entrecroiser le réseau international des affaires de Montréal avec celui de la culture. «Il y a déjà des rapports, mais souvent, on voit ça comme de la charité. Ça doit changer. Pour les affaires, la vitalité culturelle de Montréal est très positive. L'art est une bonne façon de s'introduire à l'autre.»
Du point de vue des entrepreneurs, on peut toutefois penser que l'idée de voir Montréal s'afficher comme métropole culturelle n'est pas nécessairement la plus séduisante. Pourtant, Isabelle Hudon affirme que c'est tout à l'avantage des gens d'affaires. «On attire le talent et l'investissement dans une ville par sa qualité de vie, qui est grandement nourrie par la vitalité culturelle. Comme Montréal est déjà choyée dans le domaine et que la ville bénéficiera grandement des investissements annoncés, la culture deviendra réellement un vecteur de rayonnement. Ça n'enlève rien aux autres secteurs, mais l'image de marque d'une ville doit être unique, intéressante et englobante. On ne peut pas présenter Montréal d'abord comme une ville de biotechnologies ou d'aéronautique, puisque ces secteurs sont trop pointus.»
Maintenant, si tous semblent satisfaits des conclusions du Rendez-vous, il reste à leur donner suite. «J'ai reparlé au maire depuis, ainsi qu'à Isabelle Hudon, indique M. Brault, et c'est réellement une priorité pour nous tous de nous assurer du suivi et de la réalisation des projets à la hauteur des attentes. Et je crois que le fait de voir enfin des initiatives débloquer fera en sorte que Montréal sortira de sa déprime.»
Collaboratrice du Devoir
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Métropole culturelle? Vraiment? - par Marc Lavallée
Le samedi 01 décembre 2007 21:00

