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S'il vous plaît, M. Leclaire et M. Montoya

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Claude Guay
Envoyé Le samedi 01 décembre 2007 15:00




Je suis un québécois pure laine. Cependant, je n'en suis pas fier car ce n'est pas de ma faute si je suis né ici de parents dont les ancêtres sont arrivés ici avec les premiers martyrs canadiens. Je ne sais pas si un de mes ancêtres a participé ou non à un crime de guerre. C'est bien possible car j'ai peut-être du sang amérindien ou celte, ou romain, ou juif, ou arabes, ou franc, ou allemand, ou viking, ou ligure, ou ibère, ou goth, ou tartare. Ce n'était pas tous de gentils moines, ces gens-là, c'est certain. Et ne me demandez pas de retourner d'où je viens, je ne saurais vraiment pas où aller! De toute façon, tout ce passé m'est bien égal. Tout ce dont je suis certain, c'est que je suis, ici et maintenant, un homme - et que j'appartiens à l'espèce humaine.

Je ne sais pas si l'humanité est belle ou non, mais cela aussi m'est égal. Ce qui m'importe, c'est de savoir si moi, je suis un bon ou un mauvais représentant de l'espèce humaine. Or, je me souviens comment, dans les années cinquante, nous avions chassé des gens de notre voisinage parce qu'ils n'étaient pas catholiques comme nous. J'ai honte de ne pas avoir eu le courage d'aller dire à ces gens: "Je vous aime car je vous sais fondamentalement honnêtes, parce que je sais qu'on vous chasse injustement, simplement parce que vous ne pensez pas comme nous." Il n'y a qu'une différence de degré entre les paroles de ceux qui disent: Si vous n'êtes pas d'accord, allez-vous en" et ceux qui veulent mettre à mort une personne qui a osé autoriser ses élèves à nommer Mahomet un ours en peluche. Pour ces paroles, pour ces gestes, j'ai grande tristesse.

Je rejette certes tout ceux qui veulent m'imposer leur point de vue (mais sont-ils vraiment responsables de leurs actes?). Cependant, je ne me permettrai plus de chasser l'autre sous prétexte qu'il ne pense pas comme moi.Nous, les humains, ne sommes que les locataires de l'espace et du temps qui nous est attribué dans cet univers. Nous ne possédons véritablement qu'une seule chose, le corps que nous habitons et que nous demandons à tous de respecter. Pour le reste, la planète, le pays, le territoire, la ville, le village, la rue, la langue et la culture, même l'espoir et la peur, tout cela ne m'appartient pas, mais appartient à la nature et à l'ensemble de l'humanité. Il nous faut donc de toute urgence partager tout ce dont nous ne sommes que momentanément et partiellement dépositaires.

J'ajouterais aussi que notre situation actuelle de possédant et de dominant est extrêmement fragile. Nous aurons besoin dans les années qui viennent du soutien et de la collaboration de centaines de milliers d'étrangers: Mieux vaut leur donner dès maintenant l'acceptation et l'espoir plutôt que le rejet et la haine.

Merci de votre attention.

Claude Guay.

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