Inquiétudes à propos de la vente de l'édifice Saint-Sulpice

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Frédérique Doyon
Édition du jeudi 29 novembre 2007

Mots clés : édifice Saint-Sulpice, ministre de la Culture, BAnQ, Bibliothèque et archives, Culture, Montréal, Québec (province)

BAnQ demande à la ministre de la Culture d'exercer son droit de préemption

Des voix s'élèvent pour éviter la vente de l'ancienne bibliothèque Saint-Sulpice, intrinsèquement liée à l'histoire culturelle du Québec, à des intérêts privés. Même si ceux-ci comptent y installer une librairie.

«Tout le monde est inquiet, affirme Pierre Lavoie, directeur de l'Union des écrivaines et écrivains du Québec (UNEQ). Si [le projet] est insatisfaisant ou irrespectueux du lieu, on sera plusieurs, dont l'UNEQ, à réagir.»

«On s'oppose à toute transaction qui sortirait l'édifice du domaine public», clame Georges Leroux, auteur et professeur associé au département de philosophie de l'UQAM, qui se fait le porte-parole des universitaires et gens de lettres et tient à préserver l'esprit du lieu.

Le Devoir révélait la semaine dernière que l'UQAM avait reçu une offre d'achat d'un groupe d'investisseurs dont les noms demeurent pour l'instant inconnus. Il ne s'agit ni de la chaîne Renaud-Bray ni du groupe Archambault. L'offre, qui s'élève à environ quatre millions de dollars, doit être entérinée par l'assemblée des gouverneurs de l'UQAM (convoquée le 12 décembre prochain) et par le ministère de la Culture du Québec, qui peut exercer son droit de premier acheteur à cause du classement patrimonial de l'édifice.



Chromosome de Montréal

Ce classement engage d'ailleurs l'acheteur à réaliser des travaux de mise aux normes de quelque 2,5 millions de dollars. Au total, il s'agit donc d'un investissement énorme pour un édifice dont la majorité des installations (notamment la salle de lecture principale) sont protégées, donc théoriquement intouchables.

Héritage Montréal craint que la mainmise du privé, même si elle peut déboucher sur d'excellents projets, ne fasse fi des décrets de ce classement, comme on l'a vu souvent par le passé.

«Ce serait bien de considérer que ce lieu-là, loin d'être juste un bien immobilier, fait un peu partie des chromosomes de Montréal», note le directeur Dinu Bumbaru, qui souhaite voir la ministre exercer son droit de préemption, geste «conséquent à la suite du Rendez-vous [Montréal, métropole culturelle] 2007».

Même son de cloche du côté de la présidente-directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), qui a multiplié les projets pour occuper le bâtiment, berceau de son institution actuelle.

«On a demandé à la ministre [St-Pierre] d'examiner la possibilité d'utiliser son droit de préemption, indique Lise Bissonnette, qui tient au «caractère public, patrimonial culturel de cet édifice». Quand l'UQAM l'a remis en vente, deux ans après l'avoir acquis de la Société immobilière du Québec, afin d'alléger son bourbier financier, Mme Bissonnette a d'ailleurs relancé le projet d'y installer une bibliothèque-musée des arts vivants, comme il en existe ailleurs dans le monde.

«Le dossier est sérieusement à l'étude», indique Marie-Hélène Paradis, attachée de la ministre St-Pierre, qui a jusqu'au 31 décembre pour exercer son droit de préemption. «On ne laissera pas traîner les choses.»

Construit en 1914 par l'architecte Eugène Payette, l'édifice de style beaux-arts a été classé bien patrimonial en 1988. Il a toujours eu une vocation culturelle et publique.


Vos réactions


Audition - par Nicole Duchemin
Le samedi 01 décembre 2007 07:00

Réagissez à ce texte


 

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com