Vos réactions

Oser reconnaître ou pallier (composer avec) l'inextirpabilité du religieux ?

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Commenter cet article Fil RSS Droits de reproduction

Denis Beaulé
Envoyé Le dimanche 09 décembre 2007 12:00



Si l'on éprouve tant de misère ou de réticence à accueillir la migrance ou l'errance en leur différence, quid de l'extraterrestre (à venir, en un sens, concret ; et déjà là, en un autre sens, abstrait) ? Ne semble-t-il pas assez 'inévitable' ou probable en effet qu'avant même la fin du siècle, on pourrait finir de se retrouver «aux prises» avec la 'totalité' de l'extraterrestre, du fait que non seulement lui a-t-il toujours été loisible à lui de s'inviter chez nous, mais en plus, maintenant, nous, avec l'avancement technologique, sommes en voie continue de nous rapprocher de lui, chez lui ?

Par ailleurs, ne le sommes-nous pas déjà 'aux prises' avec une présence (possible) d'extraterrestre, dans l'abstrait : ce qui nous amène ou nous soustrait à la vie, ce qui précède ou succède à notre vie ? Ne pourrait-ce être 'quelque chose' non exclusivement matériel-terrestre ? D'où toutes ces religions, en guise de 'suggestions'-'réponses'. En vue d'apaiser angoisses ou autres. Si d'aucuns trouvent étranges ou incommodantes celles-ci ou celles-là, ou leurs porteurs, que sera[it]-ce de la personne même extraterrestre si elle advenait ou lorsqu'elle se «présentera[it]» - "live"? Elle aussi pourrait manifester une «Culture» Différente...

Considérant que croyance (foi) ou religion semblent inextirpables d'une large partie de l'Esprit humain, (du moins tant qu'on manquera de réponses existentielles), ne serait-il pas plus sage et judicieux, voire plus rationnel même de 'composer avec', au lieu d'espérer ou tendre (à croire) qu'on pourra[it] leur allouer une voie ou un espace propres, étanches, non «dérangeants», «à l'écart» ?

Il y a une différence, et toute une !, entre des croyances, doctrines ou dogmes religieux, et la teneur de maints des enseignements moraux* religieux ou d'autre nature, qui pourraient émaner tout autant de non religieux que de religieux. En fait, s'en trouve desquels proviendrait essentiellement une bonne partie de l'ethos de notre/nos société(s). On saurait difficilement le nier. Le religieux étant, plus souvent qu'autrement, de nature à tempérer ou à enflammer. Il «fait» les deux. Mais c'est la nature humaine, plutôt, qui, à l'origine, par son entremise, amènerait à s'adonner à ceci ou à cela. À moins qu'on préfère accréditer la thèse que ce serait (aussi/plutôt) des 'esprits' qui exciteraient des passions, inciteraient à...

Chose certaine, au départ, point besoin d'une multitude de religions différentes pour se chicaner. Celles-ci prises individuellement, on parvient aisément à s'y diviser, s'y entre-déchirer ou s'y excommunier de l'intérieur. Ensuite, à l'arrivée, peut subsister tant de prégnance religieuse, comme en cette société, ici, se disant ou se voulant laïque, aujourd'hui, au Québec, qu'on ne parviendrait pas à s'en extirper* véritablement - (re: ce désir de conserver/éradiquer l'enseignement 'religieux-[catholique]-confessionnel' à l'école) - de ses origines catholiques. On resterait ou (re)deviendrait catholaïque en quelque sorte.


* À défaut, donc, de pouvoir «éliminer» tout religieux de l'aire publique, pourquoi alors ne pas envisager de l'y garder/intégrer (partiellement), pour l'y confronter à la fois inexorablement et modérément? C'est-à-dire, oser et savoir «utiliser» le meilleur (sociohumainement parlant) des préceptes des (grandes) religions, par exemple, en relation les uns et les unes avec les autres. Car, on le sait, il n'est pas que du «mauvais» émanant de religions. S'y trouvent tout autant, sinon plus, du beau, du bon, du «bien». Le plus «agaçant» étant, bien sûr, ces menaces ou promesses de damnation ou d'extermination éternelles pour qui aurait (eu) le malheur de simplement ne pas croire, de ne pas croire à la «bonne affaire», (ou) au «bon» dieu.


Au plus terre à terre (venant du ciel ce n'est pas rien!), on trouve en l'Évangile, par exemple, une exhortation à l'évitement du gaspillage... (Jésus, après sa multiplication des pains, ayant demandé de ramasser tout ce qui restait, «afin que rien ne soit perdu» ; belle leçon pour nos écolos-environnementalistes ou pour nos sociétés polluantes, deux millénaires plus tard ?...) Et au moins terre à terre, lorsque cet Enseignant disait que ce n'est pas ce qui pénètre dans la bouche mais ce qui en sort qui 'pollue' ; ainsi que lorsqu'il suggérait que le 'Royaume' (i.e. le bonheur, la Connaissance, etc.) est à/pour ceux ressemblant aux petits enfants ; eh bien, il semble qu'il y avait qqch, là, là-dedans. De valable. Universellement. Par/pour tous les temps. Ne sont-ce pas des paroles, en effet, qui 'salissent', bien plus que des mains ou aliments non lavés ? Et n'est-ce pas vrai aussi que ce sont les tout petits qui manifestent généralement une attitude évoquant le plus la saine curiosité qui serait le lot des lecteurs du Devoir, si l'on en croit sa pub promotionnelle ? Chez les enfants, ouverture, candeur, réceptivité, sensibilité, crédulité, naïveté, absence de préjugés (idées toutes faites ou cristallisées). Différemment ou semblablement à une Angelina Jolie nue physiquement, à l'écran ou dans son bain (où elle dit pouvoir se mettre à nu = s'épancher tout à fait ainsi en cet état), le petit enfant étant nu intellectuellement, il est en position, en état d'accueil de toute «vérité» ou de la totalité de la «vérité». Voilà pourquoi, oui, il pourrait/devrait être un modèle. Pour le rationnel ou le «sceptique» adulte, à qui pourrait sembler inconcevable ou invraisemblable l'extraterrestre. Car... Qui, de fait, serait le plus «bébé» en cette «affaire»? Qu'en diraient la psychanalyse ou l'histoire même ? N'y a-t-il pas eu une époque où «l'humanité» s'était convaincue d'être le centre de l'univers autour duquel tout le reste tournait ? Or, cette façon de 'penser' (ou de croire) est typiquement celle du nourrisson... (Narcissique). Il pourrait donc n'être guère plus 'adulte' ou mature de nier a priori l'extraterrestre que d'y croire ou de le présumer probable. A fortiori considérant que LA question, avec tout ce que l'on sait déjà, ne devrait pas/plus être: «l'existence de l'extraterrestre est-elle possible»?, mais bien: «L'Inexistence de l'extraterrestre est-elle possible»?

« Les grandes pensées viennent du coeur ». La «vérité», la connaissance peuvent venir tout autant d'intuitions ou de sentiments que de la raison. Quoique ces entités ne soient pas à vrai dire antinomiques. La raison éclairée étant censée 'recommander' en effet de prendre en compte toute fonctionnalité de l'être humain.

Voilà pourquoi, bref, il semble qu'on s'évertuerait en vain à opposer croyances ou religions au monde séculier et à tenter de les séparer résolument, draconniennement ou définitivement. Le plus sage semblant consister à savoir les faire non seulement cohabiter mais apprendre à les (faire) 'négocier' et interagir ensemble. Du fait que la conjonction de celui-ci et de celles-là serait plus susceptible d'harmonie ou de fécondité ou encore d'apprentissages mutuels (de l'Autre et de soi même), utiles ou autrement «salutaires». Pour ce, à l'évidence, il leur faudra[it] se [re]connaître et se parler. Pas juste de météo. Mais aussi d'amour (universel et individuel), d'entraide, d'Environnement(s) et d'avenir... Commun. Sachant que, «veut, veut pas», notre devenir en est un d'interdépendance et d'influence croissantes les uns sur les autres. Si, donc, pour d'aucuns les religions s'avèrent (toutes) utopiques, la «réalité» présente, elle, illustre on ne peut plus éloquemment qu'il s'avérerait plus utopique encore, aujourd'hui, d'escompter pouvoir les ignorer. Étant donné leur force d'attraction ou leur prégnance en ce monde ou en l'humain tel qu'il est, pour cause d'insuffisance ou d'injustice ou d'angoisse existentielle, peu importe, ou encore en raison de curiosité ou de fascination à l'égard du vraisemblable/invraisemblable, ou enfin de 'scrupules attentifs' («lucides et sagaces») à l'endroit de phénomènes présentement inexplicables ou encore inexpliqués mais néanmoins d'une adhérence ou d'une récurrence propres à faire croire, douter ou (re)penser le monde et soi ou en soi.

Haut de la page

Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com