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Il y a les mots, il y a la réalité. Les journalistes préfèrent les mots!
C'était il y a quelques années. Ouf! Combien de brillants articles rapportant les dires de ces artisans de paix que sont les États-Uniens!
Qui est donc ce Bush? Un artisan de la paix?
Que Washington parle de paix est aussi incongru qu'un enfant qui parle du bon vieux temps.
Au lieu de discourir sur les possibles retombés paisibles de ce sommet, on devrait plutôt regarder loin autour pour déceler ce que ce sommet tape-à-l'oeil cache.
Il faut regarder ce qui se passe sur le terrain. Le mur à Jérusalem, le mur qui monte partout, Gaza, cette prison à ciel ouvert, l'étanchéité des frontières, les coupures d'eau et d'électricité. Toutes ces choses existent et sont "approuvées " par Washington. Israël et les États-Unis couchent dans le même lit depuis si longtemps! Comment penser qu'un accord de paix puisse surgir d'un party organisé pour divertir la complaisance médiatique?
Il est évident que cette rencontre n'aboutira à rien. Pour régler ce conflit, il faut un arbitre honnête, ce que les ÉU ne sont absolument pas. Ils sont totalement alignés sur Israël, ce fait est tout à fait incontestable. La seule retombée de cette réunion sera d'attiser les dissensions dans le monde arabe et plus particulièrement en Palestine. Mahmoud Abbas risque de se faire descendre par les radicaux du Hamas juste par le fait qu'il soit venu discuter avec l'ennemi dans un pays ennemi.
Sa vie est maintenant en grand danger et la guerre fratricide va reprendre de plus belle.
Il serait plus instructif et l'information serait mieux servie, si l'accent était mis sur la situation sur le terrain plutôt que de nous rapporter les hypocrisies jouées pendant cette pièce de théâtre improvisée rapidement.
Un bon journaliste chercherait ce qui se cache sous cette mascarade de bienveillance.
On sent peut-être une insurrection prochaine musclée de la part du Hamas. On se prépare à les bombarder de bien des saletés et cette mascarade des ennemis qui leur veulent du bien, est parfaite pour préparer l'opinion des bonnes gens afin de jeter totalement le blâme sur ces méchants islamistes insurgés.
Le but de cette réunion est de détourner l'attention mondiale du Moyen-Orient pendant que l'on prépare un mauvais coup, tout en mettant un peu d'huile sur le feu des tensions en Palestine. Le seul résultat possible de cette réunion est une reprise de la violence en territoire palestinien. Il n'y a absolument aucune volonté de pacifier les belligérants ou d'établir des frontières acceptables pour les Palestiniens, ça c'est certain.
La suite des choses nous en apprendra plus que tous les discours, toutes les analyses de cette façade hypocrite, toutes ces conclusions et toute cette volonté bidon qui sortira de cette rencontre qui est en fait un coup médiatique pour masquer ou nous préparer à quelque chose. Et ce quelque chose n'augure rien de bon.
Contrairement à une détente, il faut s'attendre à une tuerie de plus. Ce n'est pas un sommet pour installer la paix, mais plutôt un sommet pour préparer la guerre.
Vous me trouvez fou! J'aimerais bien que vous ayez raison!
J'aimerais bien me tromper, avoir tort, passer pour un fou ridicule qui ne dit que des conneries, mais, j'ai bien peur que les mois qui viennent, me donnent raison.
Jamais, depuis que l'administration Bush est à la Maison Blanche, un conflit n'a été réglé. Au contraire, les conflits se sont tous envenimés et plusieurs guerres ont été déclenchées sur des mensonges grossiers à la face du monde.
Les tensions des États-Unis - Amérique du Sud montent, même chose au Moyen-Orient, même chose avec les pays arabes, même chose avec la Chine ou la Corée du Nord qui superficiellement semble conciliante, même chose avec la Russie où le bouclier à missile US réinstalle la guerre froide.
L'administration Bush est passée maître dans la manipulation de l'opinion. Sa propagande, ses mensonges répétés sans relâche, impose une fausse réalité. Le journalisme du XXI siècle est incapable de dissocier propagande, désinformation réalité et imagerie. Nous devons nous efforcer de regarder la réalité, l'injustice, la tuerie, les budgets de guerre et les budgets d'entraide, de paix. Tous ces faits sont bien plus révélateurs que tout ce que l'administration Bush peut faire dire à son porte-parole. Il faut se rappeler Scott McClellan, dont M. Serge Truffaut nous parlait il y a quelques jours dans son éditorial "Bush au parfum".
Il est désolant que les médias s'attardent plus à ce que les dirigeants du monde disent plutôt qu'à ce qu'ils font.
Serge Charbonneau
Québec
