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Illégalité douteuse

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Claude Boucher
Envoyé Le mercredi 28 novembre 2007 02:00



L'illégalité des "wifibustiers" est douteuse. Il faut savoir qu'un routeur wifi qui fonctionne, avec ou sans chiffrement, envoie constamment un message de bienvenue sous la forme du SSID et que plusieurs systèmes sont équipés pour se connecter à un réseau non sécurisé s'ils ne trouvent pas leur dernier port d'attache. Si la carte wifi de votre portable répond à cette invitation non sécurisée et que le routeur donne explicitement la permission d'utiliser le réseau sous la forme d'un prêt d'une adresse interne (via DHCP) pour la durée de la session, le propriétaire a implicitement autorisé la transaction. Après tout le routeur a lancé une invitation et votre portable y a répondu en disant "s'il vous plaît" et "merci". C'est ainsi que fonctionnent les points d'accès publics non chiffrés qu'offrent plusieurs commerces et OSBL.

Par ailleurs, il serait une erreur de blâmer Bell et Vidéotron pour l'insouciance de leurs clients. Le dicton veut que 90% des problèmes informatiques surviennent entre le dossier de la chaise et l'écran. L'éducation manque et certains clients sont trop pressés d'aller s'infecter ou de télécharger des images coquines...

La sensibilisation à la sécurité informatique commence dès le déballage du routeur. Il faut lire les notices d'utilisation et suivre les instructions. On peut couper l'alimentation électrique lorsqu'il n'est pas utilisé, on peut désactiver le sans fil et privilégier les connexions filaires. Ou encore, pourquoi ne pas activer le chiffrement des connexions WPA, changer le SSID et le mot de passe ou activer le filtrage par adresse MAC? Le client résidentiel, en tant qu'administrateur de son propre réseau, est responsable de son infrastructure. C'est lui qui doit protéger ses ordinateurs des virus, du vol d'identité, qui est tellement plus facile lorsqu'on agit à partir du réseau local!

Et quant à l'explication farfelue des possibilités de dépistage de Vidéotron, l'explication alambiquée du journaliste est éloignée de la réalité. Vidéotron peut savoir combien de paquets UDP ou TCP arrivent ou partent d'un de ses modems câble, mais l'entreprise ne peut pas faire la différence entre les paquets qui arrivent de mon portable 'athena', de ma station de travail 'apollon' ou de mon serveur 'zeus'. Pour Vidéotron, 'athena', 'apollon' et 'zeus' ne sont qu'un seul réseau connectant plusieurs ordinateurs à l'adresse 70.82.XXX.XXX.

De plus, l'élasticité de l'utilisation de la bande passante d'un abonné est beaucoup moins prévisible que dans le cas du chauffage électrique, par exemple. Ainsi, la consommation de mon propre réseau local peut varier de 350 MB à 4,5 GB par jour. Si je décide de faire exploser ma consommation de bande passante en participant à des torrents pour obtenir et partager le cédérom d'Ubuntu et d'autres distributions Linux (pour remplacer le polluciel Vista pré-installé sur mon nouvel ordinateur), c'est mon affaire, pas celle de mon fournisseur.

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