Suspense de fin de course à Québec

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Isabelle Porter
Édition du mercredi 28 novembre 2007

Mots clés : mairie, course électorale, candidats, Québec (ville)

Les candidats à la mairie se sont affrontés dans un débat télévisé

Ann Bourget et Régis Lebeaume se serrent la main sous le regard de Marc Bellemare et de Claude Larose, peu avant le débat qui a opposé ces quatre candidats à la mairie de Québec hier.

Photo: Clément Allard

Québec -- À cinq jours des élections à la mairie de Québec, la meneuse Ann Bourget, son plus proche adversaire, Régis Labeaume ainsi que les candidats Marc Bellemare et Claude Larose se sont affrontés hier soir lors d'un débat télévisé où personne n'est parvenu à dominer.

Fidèle à son habitude, Mme Bourget paraissait calme et modérée dans ses propos, qualifiant ses adversaires de «politiciens qui promettent mer et monde mais qui en font trop» et accusant tout particulièrement le candidat Régis Labeaume de promettre aux citoyens de Québec un «nirvana».

Chef de l'opposition sous le règne d'Andrée Boucher, Ann Bourget représente le Renouveau Municipal de Québec (RMQ), parti qui détient déjà la majorité au conseil municipal. Pour se présenter à la mairie, elle a dû démissionner de son poste de conseillère. Son district (Montcalm) fera donc aussi l'objet d'un vote dimanche.

M. Labeaume, un homme d'affaires issu du secteur minier, est notamment connu pour son travail à la Fondation de l'entrepreneurship. Seul candidat parmi les quatre à se présenter sans parti, il a toutefois l'appui de trois membres actuels du comité exécutif et de quatre conseillers.

«La ville a besoin de générer de nouvelles sources de revenus», a martelé l'homme d'affaires qui veut stimuler le développement économique en attirant de nouvelles entreprises, tout en faisant de Québec «le carrefour de la relève en culture».

Il a reproché hier à Mme Bourget de se montrer vague dans ses engagements. «Tout le monde dit que vous vous cachez, dites ce que vous voulez faire!» La candidate a notamment insisté sur l'amélioration des services de proximité, tels que les bibliothèques et les arénas, discours auquel nous avait habitués la mairesse Boucher de son vivant.

À quelques jours du scrutin de dimanche, le débat télévisé d'hier constituait un moment décisif dans cette campagne considérée jusqu'à présent comme monotone. Mme Bourget, qui jouissait depuis le début d'une avance confortable, semble plus vulnérable en cette fin de campagne.

En effet, d'après un nouveau sondage Unimarketing Le Soleil-FM 93,3 paru hier matin, M. Labeaume a effectué une remontée importante, et l'écart le séparant d'Ann Bourget est passé de 17 à 6 %. Les deux candidats récolteraient respectivement 29 % et 35 %, suivis de loin par Marc Bellemare, Claude Larose et Pierre Dolbec, avec respectivement 9 %, 5 % et 3 %.

Une lutte plus serrée

De quoi raviver l'intérêt pour le débat d'hier soir. «C'est clair que le sondage est tombé à point nommé», commentait avant le débat Marcel Courchesne, du service d'information régional de la SRC. «Ça confirme qu'il y a une lutte plus serrée que ce qu'on pensait, il y a deux jours encore.» Ce qui a pu pousser les candidats à revoir leur stratégie, a-t-il estimé.

Confiant de pouvoir l'emporter à la lumière du nouveau sondage, M. Labeaume avait enjoint hier les autres candidats à le rejoindre pour battre Ann Bourget. Une invitation que ses adversaires ont vivement rejetée.

Plus à l'aise que lors du débat qui les avait opposés à Andrée Boucher en 2005, les candidats Marc Bellemare et Claude Larose ont misé hier soir sur leur expérience professionnelle. En moquant ses adversaires «sociologues» et «urbanistes», l'ancien ministre Bellemare a vanté ses années de pratique comme avocat, lesquelles lui donneraient un avantage lors des négociations avec les employés municipaux, un enjeu central à Québec. Il a également réitéré son désir de ramener à Québec une équipe de la Ligue nationale de hockey en ne misant toutefois que sur des fonds privés.

Enfin, M. Bellemare n'a pas manqué de souligner qu'il était le seul des quatre candidats à ne pas avoir été lié au RMQ, puisque M. Labeaume, Mme Bourget et M. Larose étaient adversaires dans la course à la succession de Jean-Paul L'Allier en 2005.

Ridiculisant les compétences de Mme Bourget en matière de gestion, M. Larose a quant à lui plaidé en faveur d'une réduction du nombre de membres du conseil municipal afin de couper dans les dépenses. Il a également cherché à vendre l'idée d'une ville à laquelle on collerait la «personnalité» de développement durable, ce qu'a fait avec succès la ville d'Angers en France.

Seul débat télévisé de la campagne, l'événement d'hier faisait suite à une longue série de débats publics où on a surtout donné de la place aux quatre candidats susmentionnés ainsi qu'à l'ancien président de la Chambre de commerce, Pierre Dolbec, et à l'homme d'affaires Christian Légaré. Les neuf autres candidats en lice (ils sont 15 au total) n'ont pour leur part pas joui d'une grande visibilité durant la campagne.


Vos réactions


Madame Bourget se démarque de ces candidats arrivistes...Bravo! - par Otis Mimi (mimiotis@sympatico.ca)
Le mercredi 28 novembre 2007 13:00

Bourget s'est fait renverser par le ressac - par Fernand Trudel
Le mercredi 28 novembre 2007 11:00

Dommage pour M.Larose - par andré michaud
Le mercredi 28 novembre 2007 10:00

Vivement Ann Bourget - par Carole Minguy (epagneula@hotmail.com)
Le mercredi 28 novembre 2007 09:00

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