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« J'veux rien savoir ! » et d'un « tribunal suprême » : la conscience
Le problème, au Québec, eu égard à l'immigration, n'est pas le voile ou la religion. C'est surtout une certaine discrimination (e.g. en emploi). Ainsi qu'une francisation et une intégration insuffisantes. Celle-ci devant se faire par voie de connexions (québécoises) ; celle-là étant tributaire de programmes de francisation adéquats et suffisants ou de l'attrait (l'avantage) du français québécois. De grâce, comprenons le labeur requis de l'immigrant au Québec. En sus de sa langue, il doit apprendre idéalement aussi l'anglais, le français et... le québécois. De même que le Québécois. Pensez: nous-mêmes, Québécois de longue date, peinons à nous y retrouver eu égard à ce qu'on est ou à ce qu'on (se) veut!
Enfin, ce n'est ni l'éviction totale de religions de la vie publique ni l'imposition ou l'acceptation (de l'exposition) de l'une d'elles seule qui favoriseront la meilleure paix sociale et le bien-être ensemble. C'est plutôt une mise en commun, un apprentissage mutuel de l'Autre et de soi, de nos valeurs, de nos principes et pratiques. L'ignorance est dangereuse. Parfois pestilentielle. Or, on ne peut connaître l'autre, si «on ne veut rien (sa)voir» de ce qui lui est le plus cher ou le plus sacré.
Par ailleurs, au départ, on devrait pouvoir avoir un tronc commun de base «universel». Lequel ne saurait être une religion (il y a une multitude de religions). Par contre, il n'y a qu'une ou quelques chartes, relatives aux droits et libertés, en lesquelles se trouvent (reconnus) et le droit à la religion et la liberté de religion. Les chartes transcendent, donc, toute religion. (Quoiqu'une «suprématie de Dieu» soit annoncée au seuil même de la Charte canadienne, c'est bien celle-ci qui nomme celle-là, non l'inverse). Enfin, en ces chartes se voit consacrée une liberté qui serait, elle, «le tribunal suprême et ultime de la personne humaine»: la (liberté de) conscience.
(Re : toute fin d'opinion de M. Lefebvre
in l'Agora du Devoir de « demain », 28 novembre
évoquant cette parole d'un certain cardinal Ratzinger, en 1966...)
