Poutine dénonce des manoeuvres américaines autour des élections

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AFP , Reuters
Édition du mardi 27 novembre 2007

Mots clés : élections législatives, Vladimir Poutine, Affaires étrangères, États-Unis (pays), Russie (pays)

Washington rejette toute intervention dans le processus électoral

Garry Kasparov (au centre) lors de sa comparution hier en cour pour tenter de faire annuler sa détention.

Photo: Agence Reuters

Vladimir Poutine a accusé hier les États-Unis de chercher à discréditer les élections législatives du 2 décembre en Russie et a interprété la décision de l'OSCE de ne pas y envoyer d'observateurs comme une manoeuvre inspirée par Washington.

Après la dispersion musclée de deux rassemblements de l'opposition pendant le week-end et l'arrestation de dizaines de manifestants, dont l'ancien champion d'échecs Garry Kasparov, l'Europe, à la suite des États-Unis, a fait part de sa grande préoccupation pour la liberté de parole en Russie.

Lors d'une réunion à Saint-Pétersbourg de son parti Russie unie, qu'il mène à ces élections, le président russe a affirmé hier que le retrait des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe était largement dû à des pressions américaines.

«Nous avons des renseignements, une fois de plus, selon lesquels ce retrait a été décidé sur la recommandation du département d'État américain. [...] Nous en tiendrons certainement compte dans nos relations bilatérales» avec Washington, a-t-il dit, ajoutant que la Russie devait avoir une défense forte «pour décourager ceux qui sont tentés de fourrer leur nez morveux dans nos affaires».

«De telles manoeuvres ne peuvent pas faire échouer les élections en Russie. Elles visent à nier toute légitimité à ce scrutin, c'est tout à fait clair, mais elles n'y parviendront pas», a ajouté le chef de l'État.

Le président américain George W. Bush, qui avait accueilli Poutine en juillet dans la résidence de sa famille dans le Maine pour une réunion informelle rebaptisée le «sommet du homard», a déclaré qu'il était «très préoccupé» par l'arrestation de militants des droits de la personne et de dirigeants politiques ainsi que par le recours à la force lors des manifestations.

Le porte-parole du département d'État américain, Sean McCormack, a par ailleurs déclaré que Washington n'était à aucun moment intervenu dans la décision de l'OSCE de retirer ses observateurs. «Il n'y a pas eu d'interférence, absolument aucune», a-t-il dit à la presse.

Inquiétudes européennes

À Bruxelles, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déploré la manière dont les manifestations d'opposants avaient été dispersées samedi et dimanche à Moscou et Saint-Pétersbourg.

«La liberté de parole et de rassemblement pacifique sont des valeurs fondamentales des droits de l'homme, et je regrette beaucoup que les autorités aient jugé nécessaire de recourir à des mesures aussi sévères», a-t-il dit dans un communiqué.

Pour le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, l'arrestation de Garry Kasparov, notamment, mérite des explications.

L'ancien grand maître des échecs, chef de file du parti L'Autre Russie, a été interpellé samedi à Moscou lors de la dispersion par la police d'un rassemblement de quelque 3000 sympathisants de l'opposition. Hier, la justice russe a rejeté un appel de l'opposition contestant la condamnation de Kasparov à cinq jours de prison, a indiqué l'avocate de M. Kasparov, Olga Mikhaïlova.

Les sondages annoncent une large victoire de Russie unie dimanche prochain, avec au moins 60 % des voix. Une nette victoire de son parti permettra à Poutine de continuer à jouer un rôle important dans la vie politique russe, même s'il doit abandonner l'an prochain la présidence du pays, la constitution lui interdisant de briguer un nouveau mandat.


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