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Le cynisme ... @ M. Montoya

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Steve Fortin
Envoyé Le lundi 26 novembre 2007 17:00



Bien souvent, comme vous le dites, le cynisme est presque inévitable, comment ne pas ressentir dégoût devant la ministre qui prône le calme et la retenue sur les routes mais qui quelques heures plus tard se fait prendre en série de flagrants délits, comment ne pas être complètement dégoûté et transi de cynisme quand le premier ministre canadien affirme, sans broncher, que Kyoto n'était que perte de temps et babillage futile, comment cet homme peut-il sincèrement dorloter et border ses enfants le soir sans ressentir la moindre culpabilité ? Cela s'appelle l'ortodoxie, la foi inébranlable que la science des changements climatiques n'existe pas, que si réchauffement il y a , tout n'est là que volonté divine, Dieu rapprochant ses ouailles à l'Heure dumoment fatidique... Son ministre Day n'affirmait-il pas récemment que "voilà 6000 ans, les dinausores et les hommes vivaient en paix et en harmonie?"; que peut-on ajouter à cela ??? Tout argumentaire avec les othodoxes et fondamentalistes born-again est inutile...

En ça je suis d'accord avec vous M. Montoya, mais le cynisme politique ne fait que servir les intérêts de ceux qui l'entretienne et vous le savez aussi... Dans le meilleur des mondes, je marcherais aux côtés de vous quand le soir de la révolution aurait tôt fait de rassembler les masses, solidaires et défendantes devant le pouvoir-oppresseur; j'ai eu la chance d'y goûter un tantinet par une froide journée d'automne dans la capitale bolivienne, alors que les campagnes se vidaient, alors que cet étrange bol à plus de 4000 m se remplissait de nos amis quechuas, rassemblés par la faim, la soif de justice et l'excès de cynisme, j'y serai M. Montoya, n'ayez crainte, j'y serai...

Mais en attendant, dans le confort de nos indifférences et de l'opulence, que reste-t-il ? sinon que de combattre le cynisme que je constate quotidiennement dans mes classes, cet écoeurement viscéral des jeunes en l'appareil politique encouragé et maintenu par les Har-peur de ce monde, continuer à enseigner et à prêcher dans le désert, pour la seule gloire d'un étudiant ou d'une étudiante qui, parfois, dans le tas, sort et vous attend à la fin d'un cours glauque du petit automne, pour vous dire qu'en effet, il faut que ça change, qu'en effet, l'action et la conscientisation sont options encourageantes...

C'est utopiste, je le sais, mais on se motive comme on le peut. Plutôt que de continuer à dénoncer le fait que mes étudiants connaissent souvent tous les participants de Loft Story mais n'ont d'idées de qui est Félix Leclerc que le nom du Campus collégial duquel ils sortent avant leur séjour universitaire, je préfère tapisser mes cours d'extraits de Bozo et d'alouettes en colère, je préfère enseigner l'argumentaire d'un texte d'opinion en réfutant, c'est si facile, les positions environnementales d'un Stephen Har-peur...

Ouf... !

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