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"Il est interdit de lapider les femmes" Prix Gilberte Cöté-Mercier
Il est révélateur, selon moi, que dans la catégorie "Enquête" le journalisme écrit soit déclassé par la télé.
Retranscrire de longs extraits trouvés sur Google et en badigeonner de pleines pages sous une signature "locale, est-ce véritablement de l'information ? La réponse est souvent dans l'ex-plus grand quotidien français d'Amérique.
"Il est interdit de lapider les femmes", voilà le titre accrocheur coiffant la une de La Presse du samedi 27 janvier 2007, l'article qui a gagné la "médaille" de "Nouvelles Média nationaux".
Le traitement peu journalistique de cette nouvelle a ouvert la porte aux alarmistes ( à larmes et à l'arme) pour créer de l'emploi et du temp$ supplémentaire pour les scribes en tout genre. En fait, un pourcentage de l'encre et de la salive inutilment dépensé devrait être remis au récipiendaire (ou recipient d'air). Et surtout à La Presse.
Rétrospectivement, on se rend compte que le sensationnalisme et l'absence de vérification ont permis d'allumer la mèche avec une information factuellement fausse:
"Jusqu'à maintenant, aucun immigré ne s'est installé dans le petit village d'Hérouxville. Pourquoi, donc, avoir adopté ces normes ? «Il n'y en a pas encore, mais regardez ce qui s'en vient», répond André Drouin, soulignant que le ministère de l'Immigration du Québec encourage les immigrés à s'installer hors des grandes villes."
L'affirmation fausse du conseiller André Drouin("Il n'y en a pas encore...") a été amplifiée parce que reprise à son compte par la journaliste dès le début du paragraphe. Et la suite de cette saga a révélé que cette donnée était carrément inexacte. Il était donc faux d'écrire qu'"aucun immigré ne s'est installé dans le petit village d'Hérouxville".
Et avant que celle qui a retranscrit avec du "ketchup"le courriel du webmestre d'Hérouxville ne se lave les mains quant au traitement de cette information avec un titre si racoleur ( genre: "c'est pas moi qui fait les titres"), faudrait peut-être relire la dernière phrase de ce texte couronné par la FPJQ: "Prière, donc, de ne pas lapider qui que ce soit dans les rues d'Hérouxville."
Gilberte Côté-Mercier peut reposer en paix, sa succession est dignement assurée et son béret blanc a trouvé preneur sur la rue St-Jacques. (mais reste quand même Pierre Foglia, entre autres...)
Si le Conseil de presse du Québec avait une épine dorsale, il se pencherait de lui-même sur ce texte couronné pour rappeler à la FPJQ que l'exactitude factuelle en information passe avant l'auto-congratulation... Mais on ne mord pas la main qui nous nourrit, n'est-ce pas ? Parlez-en aux journalistes de La Presse.
