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Irresponsable, méprisant et anti-démocratique
Irresponsable, on savait que les membres du gouvernement Harper l'étaient depuis qu'ils ont amorcé leur campagne de sabotage de Kyoto lors des réunions internationales sur le climat. L'Accord de Kyoto, signé en 1997, est le fruit de 7 ans de négociations internationales amorcées en 1990 qui ont mené, en 1992 à Rio, à la Convention sur les changements climatiques. C'est en suite logique à cette Convention que Kyoto a été négociée, avec Al Gore à la table comme représentant des États-Unis. L'élection de Bush a été le premier coup dur pour Kyoto, mais le Canada d'avant Harper avait maintenu le cap sur l'objectif même si le rythme était trop lent. L'irresponsabilité canadienne date d'avant Harper, mais on pouvait toujours parler jusque là de négligence irresponsable.
Mais Harper ajoute le mépris de la communauté internationale à l'irresponsabilité : selon lui, 17 ans de négociations internationales ardues (pour accoucher de Kyoto et ensuite pour établir des règles pour l'appliquer, etc) n'ont rien donné de valable. Les dizaines de milliers de politiciens, de diplomates, de scientifiques, d'économistes et de militants (en provenance de tous les pays du Monde) qui ont travaillé sur ce dossier ont fait fausse route, mais Harper, lui, voit clair. Difficile d'être plus méprisant à l'égard du reste du Monde.
Le mépris, ici, est de surcroit anti-démocratique puisque Harper représente un gouvernement minoritaire. Le Parlement canadien s'est prononcé à plusieurs reprises pour Kyoto mais Harper se comporte comme s'il avait eu un mandant de la population canadienne pour dire au Monde entier que Kyoto, c'est de la merde. Il méprise le Parlement et il méprise les Canadiens.
Je suis dégoûté, et j'espère que ce gouvernement subira, aux prochaines élections, le même sort que celui du premier ministre conservateur John Howard, qui vient d'être battu en Australie par le travailliste Kevin Rudd qui a promis de ratifier Kyoto. Harper et Bush (qui n'en a plus pour longtemps) sont maintenant les deux principaux obstacles à l'avancement de négociations internationales sérieuses pour faire face au problème des changements climatiques.
Richard Gendron
Membre de la délégation canadienne, à Bonn en 2001,
pour les négociations relatives aux règles d'application du Protocole de Kyoto.
