Visite du président français à Pékin - «Ping-pong sympathique» entre Sarkozy et Hu Jintao
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Photo: Agence Reuters
Bilan de cette première rencontre, selon l'Élysée: «pleinement réussie». Le dialogue était «aisé, courtois, chaleureux, direct», bref «naturel», indiquait-on à la présidence, où l'on comparait même cet entretien à une partie «de ping-pong sympathique» mais sans «smash». Nicolas Sarkozy s'est même permis un clin d'oeil après que le 17e congrès du Parti communiste chinois eut renouvelé pour cinq ans le mandat de M. Hu, au pouvoir depuis 2003: «Vous avez été reconduit dans vos fonctions pour cinq ans. 2012, c'est une année importante pour vous. Pour moi aussi!»
Lors de cet entretien, Nicolas Sarkozy a certes interpellé son homologue sur les droits de l'homme et la peine de mort. «Je ne vous demande pas de l'abolir complètement, mais d'accentuer le mouvement qui s'esquisse tout doucement» à la baisse du nombre de condamnations, lui a-t-il lancé selon l'Élysée. Il a également insisté sur l'environnement, alors que la Chine est en passe de devenir le plus gros pollueur de la planète. Les deux hommes doivent d'ailleurs signer aujourd'hui une déclaration conjointe sur le sujet, «une première» selon la présidence française. Mais voilà: le président français a préféré sur certains sujets la «continuité» avec son prédécesseur Jacques Chirac à la «rupture». À commencer par la question de Taïwan, que Pékin revendique comme partie intégrante de son territoire, menaçant de recourir aux armes si l'île, qui est gouvernée démocratiquement, déclare son indépendance. Même prudence sur le Tibet, sujet délicat en Chine, où la venue du Dalaï Lama -- considéré comme un séparatiste -- à Berlin et aux États-Unis a été très mal perçue. «La France ne change pas de position» et considère que le Tibet «fait partie de la Chine», explique l'Élysée. Quant à recevoir le chef spirituel tibétain à l'Élysée, «on y reviendra le moment venu», élude Paris.
Nicolas Sarkozy a aussi révisé sa position sur l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine, décrété après la répression des manifestations de juin 1989 place Tiananmen. «Il faut savoir lever l'embargo», juge l'Élysée, alors que Nicolas Sarkozy avait laissé entendre pendant la campagne que la levée de l'embargo était liée à la situation des droits de l'homme en Chine.
Enfin, Nicolas Sarkozy s'est permis une pique à Jacques Chirac, s'inscrivant dans la «continuité» d'un dirigeant «très apprécié» en Chine. Mais «je pense faire beaucoup mieux!», a-t-il lancé.

