Vos réactions
Réponse à M. Stéphan Gauvin.
Vous nous posez un bien grand défi dans votre commentaires en le terminant comme suit: "...montrez moi à quoi ressemble les fruits de votre générations, voir s'ils sont bons pour la survit d'un peuple et sa culture."
Nous avons hérité de nos pères et mères une culture, c'est à dire une langue, un système de pensée, des croyances et des valeurs morales ainsi que des biens et des richesses. Nous avons tenté plus ou moins maladroitement d'améliorer le tout en dotant le Québec d'institutions diverses, en tentant vaille que vaille de reprendre et de redistribuer les richesses et les pouvoirs politiques et économiques. Nous avons été cherché ailleurs, de part le vaste monde, des hommes, des femmes et des matériaux nouveaux ou différents afin de les ajouter à ce que nous avions déjà. Nous avons, avec ces hommes et ces femmes, avec ces matériaux anciens et nouveaux, tenter d'occuper davantage et mieux notre espace.
Nos tentatives de rénovation n'ont pas toujours été heureuses et il nous est parfois arrivé de scier la branche sur laquelle nous étions assis. Le Québec était à faire et il l'est toujours. Nous n'avons pas résolus tous les problèmes et nous savons que nos enfants et nos petit-enfants devront reprendre le marteau et la scie et s'atteler à la tâche de reconstruire le Québec. L'illusion, c'est de croire qu'une génération enfin y parviendra, qu'il y aura un grand soir, que tous les problèmes seront résolus, qu'on pourra vivre éternellement en paix...
L'histoire nous attend tous au tournant, l'histoire nous rattrape et nous force à payer le prix de nos erreurs. Pourquoi y a-t-il eut une première guerre mondiale? Pourquoi y en-a-t-il eu une deuxième? Non, ce n'est pas par hasard, c'est que des actes répréhensibles avaient été commis avant par des empereurs, par des rois, par des marchands, par des hommes et des femmes dont nous sommes les lointains héritiers et à qui nous ressemblons traits pour traits.
Nous avons fait notre possible pour changer le monde. Nous vous passerons la main d'ici peu: Ce sera à vous de jouer. Nos fruits valent ce qu'ils vaudront entre vos mains. Comment corrigerez-vous nos erreurs et que retiendrez-vous de nos bons coups? Que ferez-vous du monde pendant la courte période où il vous appartiendra? Non, je n'ai pas la réponse: C'est vous qui la donnerez en temps et lieu. Aurez-vous appris de nos erreurs? Pas plus, sans doute, que nous avons appris des erreurs de nos pères. Pas moins non plus. Vous aussi, vous ne saurez pas toute la vérité et vous aussi, vous connaitrez le mensonge.
Le défi sera le vôtre, il est déjà le vôtre. C'est à vous, déjà, de le relever. Vous ferez des erreurs et vous ferez de bons coups. Et vos enfants vous poseront un jour la même question qu'à nous vous posez: "Qu'avez-vous fait avec l'héritage?"
Bon travail.
Claude Guay.
