L'opposition ougandaise critique Museveni

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La Presse canadienne , AFP
Édition du samedi 24 et du dimanche 25 novembre 2007

Mots clés : Yoweri Museveni, Kampala, Commonwealth, Climat, Sommet, Ouganda (pays)

Le sommet du Commonwealth, qui s'ouvre à Kampala, se penchera sur le climat

En attendant le prince Charles.

Photo: Agence Reuters

Kampala -- Le principal leader de l'opposition en Ouganda estime que le Commonwealth fait preuve d'hypocrisie quand il couvre de gloire le président de ce pays, Yoweri Museveni, après avoir châtié le président pakistanais, Pervez Moucharraf, plus tôt cette semaine.

Les deux présidents portent des uniformes militaires lors d'événements politiques, jettent leurs adversaires en prison et ont récemment sévi contre les juges. Mais pendant que ces gestes valaient au Pakistan d'être suspendu du Commonwealth, l'Ouganda accueille ces jours-ci le sommet annuel de ce regroupement d'anciens membres de l'Empire britannique.

Des représentants du Commonwealth ont défendu M. Museveni en rappelant qu'il a quitté ses fonctions militaires, qu'il ne porte un uniforme qu'à des fins cérémonielles et que le Parlement du pays a entériné les modifications à la Constitution qui lui permettent de solliciter un nombre illimité de mandats.

Les chefs d'État et de gouvernement du Commonwealth ont entamé hier à Kampala trois jours de discussions consacrées notamment au réchauffement climatique et au commerce international, au lendemain de la décision de l'organisation de suspendre le Pakistan.

Le Pakistan a été suspendu jeudi soir du Commonwealth, à l'issue de l'expiration d'un ultimatum portant notamment sur la levée de l'état d'urgence décrété le 3 novembre dans ce pays.

Islamabad a vigoureusement réagi hier à sa suspension du Commonwealth, décidée par le groupe ministériel d'action de l'organisation, la jugeant «injustifiée» et «pas raisonnable».

«Le Pakistan entend revoir ses liens avec le Commonwealth et sa coopération avec cette organisation», a ajouté le ministère des Affaires étrangères pakistanais dans un communiqué.

Réagissant à ces déclarations, le secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, a défendu cette décision. «Dans de telles circonstances, vous pouvez être sûrs que tout pays suspendu dira que nous n'avons pas compris les circonstances particulières qui ont prévalu dans leur pays à ce moment-là», a-t-il dit lors d'un point de presse.

Le président pakistanais, Pervez Moucharraf, au pouvoir depuis un coup d'État il y a huit ans, a instauré l'état d'urgence pour, selon lui, lutter contre la menace terroriste islamiste.

Toutefois, cette suspension du Commonwealth demeure largement symbolique. Elle prive essentiellement le Pakistan de participation aux réunions et activités intergouvernementales de cette organisation, qui regroupe les anciennes colonies britanniques, et à ses programmes d'aide.

L'un des principaux sujets de discussion du conclave de Kampala est le changement climatique menaçant de nombreux archipels et îles membres du Commonwealth.

«Le changement climatique agit en ce moment tout autour de nous. Nous avons déjà mis en place des réseaux et des plans d'action au sein du Commonwealth mais nous devons faire plus», a déclaré M. McKinnon.

«Nous devons lancer un message fort de soutien à l'attention de la conférence [de l'ONU] sur le changement climatique» en décembre à Bali, a déclaré le premier ministre maltais Lawrence Gonzi.

Invité pour la première fois à un sommet du Commonwealth, le prince Charles a affirmé que le réchauffement était «le défi le plus important auquel l'humanité faisait face».


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