Insuffisant!
Mots clés : ADQ, secteur manufacturier, Commerce, Investissement, Québec (province), Canada (Pays)
Québec -- Le plan d'aide au secteur manufacturier présenté hier par le premier ministre Jean Charest n'est qu'une «réponse mineure à un problème majeur», soutient l'Action démocratique du Québec.
Pour l'essentiel, M. Taillon juge que le programme «d'achat chez nous» adopté par le gouvernement Charest ne va pas assez loin. Pour soigner l'anémie du secteur manufacturier, le gouvernement aurait dû, a-t-il dit hier en point de presse, se doter d'une politique beaucoup plus vaste, incluant non seulement l'achat chez nous mais aussi la «fabrication et la transformation chez nous». Le plan d'aide néglige aussi la formation et le recyclage du personnel mis à pied, croit M. Taillon.
Quant aux crédits d'impôt mis à la disposition des entreprises, le député fait remarquer, avec une pointe d'ironie, que cette mesure n'améliorera pas le sort des nombreuses entreprises manufacturières qui ont dû fermer leurs portes ces dernières années.
Du côté du Parti québécois, à Montréal, la chef Pauline Marois juge que le gouvernement s'est adonné à «un saupoudrage de mesurettes absolument insuffisantes après des mois d'attente et cinq années de crise».
Aux yeux de Mme Marois et de François Legault, porte-parole en matière de développement économique et de finances, le gouvernement aurait dû réduire, voire éliminer la taxe sur le capital, sauf dans le cas des banques et des pétrolières.
«On nous parle de 50 millions par année, sur cinq ans. Or la réduction de la taxe sur le capital représente un milliard disponible pour faire face à la crise», a fait valoir Mme Marois.
Invité à expliquer comment on pouvait demander au gouvernement de se priver des apports de la taxe sur le capital tout en aidant les manufacturiers, M. Legault a répliqué que «le gouvernement a été imprudent, irresponsable d'utiliser tout l'argent du déséquilibre fiscal pour réduire les impôts des individus et de ne pas garder d'argent pour le développement économique».
Le président-directeur général de l'association des Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ), Jean-Luc Trahan, a salué les mesures annoncées, en déclarant qu'elles permettront de relever concrètement les défis des entreprises manufacturières, dont la concurrence mondiale, en répondant à leurs besoins à court et à long terme.
De son côté, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) soutient que de toutes les mesures annoncées, les 178 millions de mesures fiscales s'avèrent les plus susceptibles d'aider les entreprises manufacturières à relever les défis auxquels elles sont confrontées.
Le président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon, est d'avis qu'en réduisant ainsi le taux effectif d'imposition, le gouvernement permettra aux entreprises d'investir davantage dans la formation, la modernisation de leur équipement et l'accroissement de leur productivité.
Françoise Bertrand, présidente-directrice générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ), a félicité le gouvernement pour la mise en place de mesures cohérentes et tangibles qui répondent aux attentes de ce secteur d'activités.
Deux porte-parole syndicaux ont applaudi l'initiative du gouvernement Charest, la qualifiant de pas dans la bonne direction. Cependant, Pierre Patry, trésorier de la CSN, et René Roy, secrétaire général de la FTQ, reprochent au plan de demeurer insuffisant et de ne pas avoir de cible claire.
D'autre part, MM.Patry et Roy ont réclamé du gouvernement du Canada qu'il intervienne lui aussi pour soutenir l'industrie manufacturière qui est en crise au Québec.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a quant à elle accueilli favorablement l'initiative de Québec, se réjouissant particulièrement de l'introduction de diverses mesures touchant la formation et l'éducation. Comme la CSN et la FTQ, la CSQ se demande ce que le gouvernement fédéral attend pour agir.
La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante a fait valoir que, si les dirigeants de PME manufacturières québécoises apprécieront sûrement certaines mesures proposées par Québec, «les entreprises manufacturières auraient souhaité l'élimination de la taxe sur le capital, une mesure qui aurait aidé toutes les entreprises manufacturières», selon le vice-président pour le Québec, Simon Prévost.
Selon la présidente de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Isabelle Hudon, le gouvernement du Québec «a saisi avec beaucoup de justesse à la fois l'urgence d'appuyer nos entreprises dans la traversée de cette période et la possibilité qui nous est offerte de les rendre encore plus fortes».
Le Groupement des chefs d'entreprises du Québec a lui aussi bien accueilli l'initiative de Québec, qu'il a qualifiée de «très positive» pour son apport aux PME.

