L'ébéniste des cuisines
Mots clés : gastronomie, meuble de cuisine, Stéphane Giroux, Alimentation, Montérégie (région), Québec (province)

Photo: Philippe Mollé
Peu importe les changements professionnels: l'autodidacte travaille aujourd'hui à faire en sorte que ses objets aient une signature propre. Stéphane Giroux rêve du jour où les consommateurs demanderont «un Giroux», tout comme on le fait pour un Laguiole ou un Opinel. En quelques années seulement, il a découvert l'intérêt grandissant des Québécois pour l'aménagement des cuisines et les pièces uniques, que plusieurs n'osent d'ailleurs pas utiliser.
Le bois, matériau unique
En orientant son travail d'ébéniste vers la gastronomie, Stéphane Giroux témoigne de son intérêt pour la table. Il redessine le meuble de cuisine et le transforme en meuble d'art pratique. C'est patent lorsqu'on observe ses incrustations de motifs et de pierres, ou encore sa façon de joindre l'utile à l'agréable en intégrant un cellier ou des unités de rangement pour les couteaux. Entre les mains de l'artiste, le bois revêt ses habits du dimanche et devient chaque jour plus agréable à contempler.
Fabriquer des étals de boucher est un défi qu'il a voulu relever. Avec la torréfaction des essences, c'est-à-dire le chauffage du bois à haute température, Stéphane Giroux peut utiliser des bois naturels non traités qui confèrent aux chefs-d'oeuvre une durée de vie illimitée.
Ce concept unique produit des pièces qui ne ressemblent en rien à ce qui existe sur le marché. En très peu de temps, les designers, tant les Américains que ceux d'ici, ont découvert cet artiste qui fabrique ses oeuvres sans vis, utilisant plutôt des mortaises ou de simples goujons collés comme autrefois, s'amuse-t-il à préciser. Dans sa salle d'exposition, située sur le bord de l'autoroute 10, ses dernières pièces resplendissent. Tout simplement finies à l'huile de citron, elles font hésiter les futurs utilisateurs qui, parfois, n'osent pas s'en servir. «C'est une erreur, affirme-t-il, car mes pièces sont faites pour servir.»
Un exemple? Un couple de privilégiés soumet un dessin à l'ébéniste. De magnifiques étoiles de bois devront être incrustées dans la table qu'ils recherchent. Aucun problème pour l'artiste qui, de plus, veillera à travailler le sujet par des recherches préliminaires.
C'est ainsi que Stéphane Giroux, avec son concept unique, espère vivre de son art. C'est une façon pour lui de continuer sa mission pour l'environnement et de rendre sa dignité à la forêt. Comment rendre un plus bel hommage à la cuisine et à la table qu'avec l'utilitaire devenu oeuvre d'art?
- Concept Giroux, 1 866 373-2562, www.conceptgiroux.com.
***
La recette de la semaine - Escalopes de veauà l'estragon et aux champignons
- 4 escalopes de veau de 150 g chacune
- 2 échalotes émincées
- 60 ml de Noilly-Pratt
- 125 ml de jus de veau
- 1 barquette de champignons émincés
- 15 ml d'estragon haché
- 60 ml de crème 35 %
- 30 ml de beurre (30 ml pour les champignons)
- Sel et poivre au goût
Essuyez les champignons et faites-les sauter avec l'échalote dans le beurre pendant deux ou trois minutes, puis assaisonnez. Réservez.
Dans la même poêle, ajoutez les 30 ml de beurre restant et faites cuire les escalopes des deux côtés pendant quatre à cinq minutes. Assaisonnez. Retirez les escalopes et gardez-les au chaud et à couvert. Déglacez la poêle avec le Noilly, puis ajoutez les champignons et le jus de veau. Laissez réduire deux minutes, puis ajoutez l'estragon et la crème. Refaites chauffer les escalopes dans la sauce pendant deux minutes et assaisonnez. Servez avec une bonne purée de pommes de terre.
***
Biblioscopie
300 recettes de buffets de gares, Bernard Bathiat, Éditions Cheminements, 2006, 179 pages
Voici un livre des plus originaux à offrir qui raconte l'histoire des buffets de gares en France. On y retrouve non seulement les recettes qui y sont servies mais aussi de magnifiques cartes postales qui témoignent également de différentes époques. Tout en traversant la France ferroviaire, on savoure par exemple la potée lorraine et les gougères au fromage.
***
Gastroscopie
L'étiquetage nutritionnel: pas pour tous
L'étiquetage nutritionnel devient obligatoire au Québec et à travers le Canada, y compris pour les petits producteurs. Très bien, mais il y a deux poids et deux mesures: a-t-on oublié par mégarde la SAQ et les boissons composées parfois avec des essences, du sucre, voire de la crème? L'exemption n'a-t-elle pas meilleur goût?
Un livre pour l'auberge Saint-Antoine à Québec
La merveilleuse auberge Saint-Antoine Relais & Châteaux de Québec relate son histoire avec le lancement du livre Un passé plus-que-parfait. On profite de l'événement pour souligner le quinzième anniversaire de ce magnifique hôtel-musée.
Le mois de la pomme de terre
Pourquoi la pomme de terre a-t-elle mauvaise presse? Ce légume parmi les meilleurs au monde mérite qu'on lui rende une certaine notoriété. En lui attribuant un mois consacré, l'UPA espère que la pomme de terre redevienne populaire, pas seulement avec les frites mais par les milliers de recettes créées depuis sa découverte.
***
Philippe Mollé est conseiller en alimentation. On peut l'entendre tous les samedis matin à l'émission de Joël Le Bigot, Samedi et rien d'autre, à la Première Chaîne de Radio-Canada.
Vos réactions
Aucun commentaire ... soyez le premier !

