Opinion

Lettres: Pour une éducation accessible à tous

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Martin Lavallée, Montréal, le 21 novembre 2006

Édition du vendredi 23 novembre 2007

Mots clés : accessibilité, système d'éducation, Éducation, Québec (province)

Que s'est-il passé au Québec ces dernières années pour que, soudainement, la population ne veuille plus contribuer afin que l'éducation soit accessible à tous? Sur toutes les tribunes, on entend dire que les étudiants ne sont que des bébés gâtés et que les gens en ont assez de payer pour eux. Or n'est-ce pas le rapport Parent qui, pour justifier le financement du système d'éducation, affirmait en 1963: «Les bénéfices de l'éducation dépassent l'individu et la localité; le progrès de l'enseignement sert principalement les intérêts généraux de la société, de sorte qu'on peut et qu'on doit désormais considérer l'éducation comme une entreprise nationale.» À cette époque, on considérait l'éducation comme un bien national, un service public. [...]

Que s'est-il donc passé ces dernières années pour qu'on se désengage de notre mandat collectif en contribuant de moins en moins à l'éducation? Les gens trouvent qu'ils payent trop d'impôts et pensent que le problème sera réglé en diminuant progressivement le financement des universités et des études postsecondaires, provoquant ainsi la diminution de la scolarisation dans la société. Je crois qu'ils se trompent de cible s'ils pensent que les étudiants sont responsables de leurs impôts trop élevés. Les gens devraient plutôt blâmer les dépenses irresponsables de nos dirigeants (scandale des commandites, le cas Lise Thibault et autres scandales des dernières années), le manque de véritable législation pour enrayer les paradis fiscaux qui font perdre d'énormes sommes à l'État et le gouvernement actuel, qui a choisi d'abolir la taxe sur le capital aux entreprises alors que ces mêmes entreprises bénéficient déjà de crédits d'impôts et ne paient pas leur juste part à la société malgré les énormes profits qu'elles font.

Avec tout cet argent, les gens paieraient moins d'impôts et on pourrait même rendre les études postsecondaires gratuites. Malheureusement, le lobby étudiant a moins de poids que les lobbys patronal et financier dans les couloirs du parlement. L'éducation est un droit fondamental pour tous et non un privilège. De plus, une personne instruite et éduquée profite de bien des façons à la société. C'est en ce sens qu'on doit tous contribuer afin que les études ne deviennent pas une marchandise mais qu'elles soient accessibles à tout le monde. C'est le choix de société que nous avons fait jadis et c'est le choix que nous devons réitérer.


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