Opinion
Lettres: Un aveu n'est pas suffisant
Mots clés : Québec (province), Mgr Ouellet, Religion, Éthique
Lettre à Mgr Ouellet - J'ai lu avec intérêt votre confession publique, parue dans Le Devoir du 21 novembre. Toutefois, au point de désaffection où nous en sommes au Québec, je doute que beaucoup de Québécois en soient émus.
Toutefois, les Québécois attendent de nous plus qu'un aveu: ils jugent aux actions. Les initiatives que vous annoncez prendront-elles acte du fait que le Québec, dans sa population et ses institutions, est devenu pluraliste et laïque? Pouvez-vous imaginer, dans votre conversion, que l'enseignement religieux confessionnel se fasse hors des institutions scolaires? Les catholiques ne devraient-ils pas, comme Jésus et ses apôtres l'ont fait, transmettre leur foi et promouvoir leurs valeurs dans les maisons, sur la place publique et au hasard des rencontres sur les chemins qu'ils empruntent avec leurs concitoyens?
Je pense pour ma part que nous devons nous faire confiance et, par notre témoignage, nos actions et notre contribution à la société québécoise, influencer par le dialogue la construction d'un mieux-vivre commun. Je ne pense pas que les écoles devraient séparer les jeunes en catholiques, réformés, juifs, musulmans, sikhs ou autres. Elles devraient au contraire favoriser leur rencontre et les habituer à coopérer.
J'ose espérer, Monseigneur, que votre confession est plus que stratégique et qu'elle s'inspire d'une vision évangélique où tous les enfants sont considérés enfants de Dieu et où on trouve souvent une plus grande foi en dehors des murs des institutions reconnues.

