Sénégal - La police chasse les vendeurs de rue

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Reuters
Édition du jeudi 22 novembre 2007

Mots clés : Sénégal (pays), Manifestation et émeute, vendeurs de rue, Justice

Pendant des heures, les manifestants ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre à Dakar.

Photo: Agence Reuters

Dakar -- La police a tiré des grenades lacrymogènes hier dans le centre de Dakar, la capitale sénégalaise, pour disperser des manifestants qui dénonçaient les mesures gouvernementales contre les vendeurs de rue.

On ignore pour le moment le nombre de victimes, mais d'après des témoins, des dizaines de manifestants ont été appréhendés.

Pendant des heures, ces derniers ont joué au chat et à la souris avec les forces de l'ordre, ont rapporté des témoins.

Ils ont incendié des pneus de voiture et des amas d'ordures, bloquant les principales artères de la ville, où de nombreux magasins ont baissé leurs rideaux.

Ces émeutes, les plus violentes depuis de nombreuses années, ont été provoquées par la décision du gouvernement du président Abdoulaye Wade de chasser les vendeurs ambulants des rues de la capitale.

«Les gens en ont marre. Ces jeunes qui vendent dans les rues ont voté pour un président qui veut aujourd'hui les chasser. Trop, c'est trop... », a déclaré Ouzin Diop, un employé de supermarché de 28 ans. «On n'avait pas vu ça depuis longtemps», a-t-il ajouté.

Des colonnes de fumée noire s'élevaient du quartier d'affaires où la police donnait la chasse aux manifestants. Les incidents ont éclaté sur le marché de Sandaga avant de s'étendre aux quartiers voisins. Des dizaines de manifestants ont été interpellés, a rapporté un témoin.

Dans le quartier de Medina, les émeutiers ont saccagé les bureaux du maire, incendié une voiture et pillé le siège de la régie nationale d'électricité, la Senelec.

«Si vous enlevez aux gens le peu qu'ils ont, il ne faut pas s'étonner qu'ils se révoltent», a déclaré un résidant étranger.

Par la suite, le gouverneur de Dakar, Amadou Sy, a annoncé la mise en place de quatre nouveaux marchés pour reclasser les vendeurs ambulants chassés du centre-ville.

Le Sénégal a longtemps été considéré comme un modèle de stabilité en Afrique occidentale, mais le chômage et la hausse du coût de la vie y ont peu à peu ravivé les tensions sociales.

Chaque année, des milliers de Sénégalais cherchent à rejoindre l'«Eldorado» européen à bord d'embarcations de fortune. Nombre d'entre eux laissent leur vie sur la route des îles Canaries.

Depuis sa confortable réélection à la présidence en février dernier, Wade, qui a plus de 80 ans, est critiqué pour les dépenses qu'il a engagées afin d'accueillir l'an prochain le sommet de l'Organisation de la conférence islamique à Dakar. Il est accusé de ne pas tenir suffisamment compte de la situation de la population sénégalaise, dont une grande partie vit sous le seuil de pauvreté.


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