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Un "cardinal" demande pardon! Non mais... pour qui nous prend-il?

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Claude Gendron (oleron@videotron.ca)
Envoyé Le mercredi 21 novembre 2007 17:00



L'archevêque Marc Ouellet de Québec, selon la tradition, primat de l'Église canadienne, demande pardon aux Québécois pour « le mal » passé et les « attitudes étroites de certains catholiques, avant 1960 ». Non mais... pour qui nous prend-il ? Et après 1960... ?

Remettons le pendule à l'heure. Je ne doute certes pas de la bonne intention de M. Ouellet. Sa démarche me paraît cependant dépassée dans le monde d'aujourd'hui.

D'abord, au nom de quelle « Église » parle-t-il ? On m'a toujours enseigné que l'Église était d'abord et avant tout « l'assemblée des chrétiens » qui en font pleinement partie. Or, je ne crois pas que les chrétiens de sa propre Église diocésaine aient autorisé M. Ouellet à parler en leur nom. Pas plus d'ailleurs que ses collègues de la hiérarchie catholique du Québec et du Canada qu'il n'a pas consultés auparavant. Devrait-on alors voir dans sa démarche personnelle un relent de tradition romaine et royaliste qui s'accroche toujours, plus de 40 ans après le Concile Vatican II, à des structures et des interprétations doctrinales dépassée et incomprises dans la société du 21e siècle ?

L'évêque invite ses lecteurs à chercher des « chemins de réconciliation » et à s'offrir « un dialogue vrai sur les valeurs spirituelles et religieuses qui ont façonné l'identité québécoise ». Or, il y a 40 ans que la voie de l'avenir de l'Église catholique a été tracée et le dialogue, amorcé. Mais, ceux qui devaient aller de l'avant et guider la communauté ont fait la sourde oreille et freiné la démarche, se cramponnant à leurs certitudes et à leurs traditions. Pris dans le tourbillon d'une société en pleine révolution culturelle et voyant que les propos de leurs pasteurs ne collaient plus à la réalité de la vie d'aujourd'hui, les fidèles ont décroché. Ils ont cessé la « pratique religieuse », mais ils ont gardé leur foi dans leur coeur, même s'ils appartiennent à une société laïque.

Trois ans à peine après le concile, une équipe sacerdotale de la banlieue montréalaise lança un cri d'alarme. À la suggestion des paroissiens, trois prêtres publièrent les propos qu'ils avaient tenus dans leurs homélies, sous le titre "L'Église s'en va chez le diable", éditions de l'Homme, 1968. Constatant les bouleversements qui s'amorçaient au Québec et la lenteur, sinon l'immobilisme, des autorités religieuses à donner suite aux orientations du Concile et à rajuster le tir, les auteurs remarquèrent avec tristesse : « On s'était installé dans un vieux temple et demain il n'en restera peut-être pas pierre sur pierre. » Nous y sommes.

Quant à la foi qui demeure, ils avaient aussi vu juste : « La foi est une sève aux apparences fragiles, inoffensives, mais, méfiez-vous d'elle, elle a la force de ce qui est vivant. Si c'était elle qui était en train de renverser la confiance dont on avait investi ces pierres d'un passé glorieux mais révolu ? » Les trois prêtres présentèrent alors une foule de perspectives d'avenir et de voies nouvelles à explorer pour l'Église, engageant tous les chrétiens à assumer librement leurs responsabilités au sein de l'Église et à témoigner de leur foi dans la réalité même de la vie au sein de la société civile et laïque. Le livre a été étouffé. Ce fut loin d'être un succès de librairie. Il n'a pas plu à la hiérarchie ni à une bonne majorité du clergé d'alors bien à l'aise dans le confort de ses immenses presbytères.

C'est surtout pour ce qu'elle n'a pas fait après le Concile Vatican II et pour sa lenteur à revoir en profondeur ses interprétations, ses doctrines et ses dictats, bref pour son impuissance à faire voir le Christ dans la société d'aujourd'hui, que la haute hiérarchie ecclésiastique doit s'excuser. Non ?

Heureusement qu'avec l'accord de certains évêques à l'esprit ouvert, on voit poindre aujourd'hui des communautés chrétiennes où les laïcs assument pleinement leur rôle d'adultes et d'éducateurs de la foi, dans leurs propres locaux plutôt qu'à l'école publique, et où les prêtres se font animateurs plutôt qu'administrateurs de la foi et de l'être chrétien. Puis, si l'homme et la femme sont égaux et forment les deux volets de l'humanité voulue par Dieu dans l'acte d'amour de la création, c'est pour quand nos prêtresses, monsieur le cardinal ?

Claude Gendron, simple chrétien
Rosemère

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