Le peuple birman est généreux. Quel peuple ne l'est-il pas ? Qu'entendons-nous par générosité? Lorsque je parle de générosité comme attitude, c'est le fait de dire que ce que je possède ne m'appartient pas. C'est un bien commun que nous avons le devoir de partager. Rappelez-vous la fille de Churchill, Sarah, qui lui écrivit dans une lettre datée du 5 juin 1945 (du courage dans tous les sens du terme surtout contre le père) après une de ses allocutions radiophoniques où il déclara sa haine du socialisme et du culte de l'État, je la cite : «le socialisme, tel que pratiqué pendant la guerre, n'a fait de mal à personne et a fait du bien à beaucoup de gens. Les enfants de ce pays n'ont jamais été aussi bien nourris ni en bonne santé ; tout le lait dont nous disposions a été équitablement partagé, les riches ne sont pas morts du fait que leurs rations de viande n'étaient pas plus grosse que celles des pauvres, et il ne fait aucun doute que ce partage et ce sens collectif du sacrifice ont été l'un des liens les pus forts qui nous aient unis. Pourquoi donc, disent beaucoup de gens, ce sens collectif du sacrifice ne réussirait-il pas à agir avec la même efficacité en temps de paix ?» Le cynisme à ce niveau n'est pas de rigueur.