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Quand le cardinal nous propose la ségrégation des religions

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Dany Leblanc
Envoyé Le mercredi 21 novembre 2007 13:00



Jusqu'à cette année, nous avons eu l'enseignement confessionnel catholique ou protestant. Cette situation a permis aux églises d'endoctriner des enfants de 6 à 17 ans avec nos fonds publics. Cette situation était injuste pour les incroyants et les membres des autres religions. L'année prochaine à septembre, le nouvel enseignement culturel des religions va permettre d'éliminer cette injustice.

Ce nouveau cours est un dur coup pour les catholiques pratiquants. Jusqu'à datte, des élèves de parents non-pratiquants se faisaient inculquer la croyance catholique ou protestante grâce à l'école. Ces mêmes parents vont-ils prendre la peine de reconduire leurs progénitures à l'église pour leur donner un enseignement confessionnel que ne donnera plus l'école? Ce n'est pas évident. Certains parents travaillent ou ont d'autres préoccupations. Si un des deux parents se fout complètement de la religion, il ne coopéra tout simplement pas et s'ils sont séparés, ça rendra la tâche impossible au deuxième parent.

Tant qu'à tout perdre, certains catholiques, dont le cardinal Ouellet, sont prêts à accorder le droit aux autres religions d'offrir l'enseigne confessionnel à l'école là où le nombre d'inscription le permet. Leurs discours mettent l'accent sur le libre-choix des parents en accusant le nouveau cours d'être justement une atteinte au libre-choix puisqu'il est imposé à tous les élèves. Ce raisonnement aurait du sens seulement si tous les cours étaient dus aux libres choix des parents. Or, les mathématiques, le français, l'éducation physique, les sciences etc. sont imposés aux élèves et personne ne crie à l'injustice.

Cette proposition est dangereuse pour la cohésion sociale. Étant donné que les différents groupes ethniques ne sont pas répartis également sur le territoire, seulement certaines écoles pourront donner le cours pour les Musulmans, certains pour les Juifs, certains pour le chrétien orthodoxe et ainsi de suite. C'est évident que les parents pratiquants vont vouloir vivre près d'une école qui donnera déjà le cours de leur religion. Cette situation risque de ghettoriser davantage les minorités ethniques. Il est peut-être possible que les Témoins de Jéhovah et les Raëliens fassent de même. Nous pouvons même imaginer que dans certaines écoles, le nombre d'enfants de parents catholiques ou protestants ne serait plus assez élevé pour justifier un cours de ces confessions.

Cette situation risque de nuire à l'intégration de nos immigrants. Elle risque aussi de créer des contorsions à la démocratie comme lors du référendum de 1995. Nous avons aucun avantage de créer des multitudes de solitudes au Québec et de créer une situation propice à la xénophobie. Nos jeunes Québécois de souche doivent côtoyer et fraterniser avec les nouveaux Québécois pour un jour s'accoupler et faire une progéniture commune. Pour cela, il faut sortir l'endoctrinement religieux des écoles pour enlever toutes barrières.

La loi 101 a permis aux jeunes québécois de souche de jouer avec des enfants dits de la loi 101. Allons-nous détruire ce gain pour des questions religieuses? Allons-nous créer une ségrégation basée sur la religion des parents? À vous de répondre à cette question.

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