Pakistan - L'état d'urgence est allégé 3500 personnes arrêtées depuis le 3 novembre sont libérées

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Reuters
Édition du mercredi 21 novembre 2007

Mots clés : Pervez Moucharraf, libération, état d'urgence, Détenu, Arabie saoudite (Pays), Pakistan (pays)

Les journalistes pakistanais ont manifesté hier à Karachi pour la liberté de la presse.

Photo: Agence Reuters

Islamabad -- Les autorités pakistanaises ont commencé à libérer plus de 5000 avocats, opposants et militants, arrêtés depuis l'instauration, le 3 novembre, de l'état d'urgence par le président Pervez Moucharraf, qui s'est rendu hier en Arabie saoudite.

L'opposition pakistanaise et les gouvernements occidentaux pressent Moucharraf, également chef des armées, de lever l'état d'urgence et de veiller à ce que les élections législatives du 8 janvier se déroulent de manière équitable et transparente.

Quelque 3400 détenus ont été libérés hier et 2000 autres doivent l'être prochainement, a annoncé le porte-parole du ministère de l'Intérieur lors d'une conférence de presse.

De plus en plus isolé au Pakistan, Moucharraf s'est rendu en Arabie saoudite, laissant penser qu'il tenterait d'y rencontrer l'ex-premier ministre Nawaz Sharif, qu'il avait renversé en 1999 et qui vit désormais en exil à Djeddah. Moucharraf, accompagné par le général Nadeem Taj, chef des puissants services de renseignements de l'armée (ISI), devrait rester quelques heures à Riyad avant de passer par Djeddah pour se rendre en pèlerinage à La Mecque.

Un rapprochement ?

Ce déplacement soudain laisse penser que Moucharraf pourrait tenter de se rapprocher de Sharif, l'accord de partage du pouvoir négocié avec Benazir Bhutto n'étant plus à l'ordre du jour. Lundi, Sharif avait déclaré qu'il ne rencontrerait pas Moucharraf tant que l'état d'urgence n'aurait pas été levé.

La commission électorale a annoncé hier que les élections législatives se tiendraient le 8 janvier, date proposée par Moucharraf. De nombreuses voix, au Pakistan et à l'étranger, ont cependant averti le général-président que le maintien de l'état d'urgence pendant le scrutin nuirait à sa crédibilité.

Selon Najam Sethi, rédacteur en chef du Daily Times, Moucharraf s'est rendu à Riyad afin de demander aux autorités saoudiennes de maintenir Sharif en exil au moins jusqu'à la fin des élections.

«La dernière chose qu'il veut, c'est le retour de Nawaz Sharif dans ces circonstances déjà difficiles», a estimé Sethi, pour qui le meilleur espoir d'alliance pour Moucharraf reste Bhutto.

Lundi, la Cour suprême du Pakistan, dont les magistrats hostiles à Moucharraf ont été limogés, a rejeté cinq des six recours déposés par l'opposition contre la réélection du président le 6 octobre. Le sixième doit être examiné demain. L'opposition conteste l'éligibilité de Moucharraf en tant que chef des armées pakistanaises. Ce dernier a promis de quitter l'armée dès que la Cour suprême aurait levé les obstacles à sa réélection afin d'être investi pour son nouveau mandat en tant que civil.

Certaines personnalités de l'opposition sont toujours détenues, notamment l'avocat et ancien ministre Aitzaz Ahsan et l'ancien champion de cricket devenu homme politique Imran Khan.

«Si les manifestations pacifiques font partie de la vie démocratique, le pouvoir fédéral et les exécutifs provinciaux ne tolèreront aucune tentative de perturber la campagne législative», a prévenu le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

À Karachi, la police anti-émeutes a dispersé à coups de bâtons une manifestation de journalistes, qui protestaient contre les restrictions imposées aux médias. Une centaine de journalistes ont été arrêtés.

«Nous nous battons pour la liberté d'expression et la démocratie. Être arrêtés ne nous fait pas peur et ne nous empêchera pas de continuer», a assuré Akbar Jaffrey, journaliste de Sindh TV, alors qu'il était emmené par la police.


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