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Cautère sur une jambe de bois

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Gérard GARNIER (gerardgarnier@videotron.ca)
Envoyé Le mardi 20 novembre 2007 05:00



L'augmentation des revenus des omnipraticiens est certainement souhaitable : une trop grosse différence avec ceux des autres provinces ne peut en effet que décourager les nouvelles installations. Mais la contrepartie demandée, c'est à dire une réorganisation de la pratique médicale, ne sera évidemment pas au rendez-vous. Les praticiens qui désirent s'organiser l'ont fait depuis longtemps et les autres ne le feront pas plus qu'avant. Faut-il demander aux borgnes de voir en relief et aux cul-de-jatte de courrir un marathon ? Alors que la prise en charge financière des malades est déjà, contrairement à la légende, relativement faible au Québec en comparaison d'autres régimes sociaux (par exemple, où rembourse-t-on en grande partie, quand ce n'est pas délivré gratuitement, les frais de médicaments, les soins dentaires et les lunettes ?), demander à des médecins gérés par une administration de réagir globalement comme des indépendants relève de ce genre de défit, pour ne pas dire du rêve. Le budget de la santé va donc encore augmenter et la situation restera la même : techniquement d'un niveau global comparable à celui des pays modernes mais humainement inadaptée pour ne pas dire inacceptable. En s'obstinant à soutenir une médecine purement publique, le Québec va finir par cumuler les deux plus mauvais systèmes : un secteur public couteux et non satisfaisant, accompagné d'un système libre livré à lui même, donc très onéreux pour le patient. Il est possible de faire mieux : cela existe déjà ailleurs. Le Québec sert assez souvent d'exemple à suivre pour certains pays ; il ne serait pas déshonorant de regarder ailleurs (et pas simplement au sud) pour la santé publique.

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