Des primes pour les médaillés olympiques canadiens

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La Presse canadienne
Édition du mardi 20 novembre 2007

Mots clés : bonis, Comité olympique canadien, Jeux olympiques, Sport, Canada (Pays)

Kanata, Ontario -- Les médaillés olympiques canadiens verront enfin leurs efforts acharnés et des années de sacrifices être récompensés à compter des Jeux de 2008.

Le Comité olympique canadien (COC) a en effet annoncé hier, la création d'un nouveau fonds qui récompensera l'excellence. Dès les Jeux de Pékin, les médaillés olympiques canadiens toucheront des bonis respectifs de 20 000 $, 15 000 $ et 10 000 $ pour une médaille d'or, d'argent ou de bronze.

L'attribution de primes aux médaillés olympiques constitue une première dans l'histoire de l'olympisme canadien mais la pratique est devenue monnaie courante depuis plusieurs années dans d'autres pays.

Les athlètes, dont plusieurs étaient réunis en fin de semaine dans un hôtel de la région d'Ottawa, dans le cadre de la deuxième édition de la série de l'excellence olympique, ont accueilli la nouvelle avec enthousiasme.

«C'est une belle initiative, a réagi le plongeur Alexandre Despatie, lui-même un médaillé olympique. Cette pratique est courante depuis longtemps en Europe, en Australie et dans d'autres pays. Il était temps qu'on les rattrape.»

Selon Despatie, il ne faut pas voir ce programme comme un incitatif pour remporter plus de médailles. «Il s'agit plutôt d'une façon de récompenser les performances et, à l'avenir, ceux qui obtiennent de bons résultats pourront se concentrer davantage sur l'entraînement. Ils auront peut-être moins à travailler ou à investir du temps dans la recherche de commanditaires.»

Sylvie Bernier, médaillée d'or aux Jeux de Los Angeles en 1984 et qui agira comme chef de mission de la délégation canadienne à Pékin, abonde dans le même sens. «C'est une façon de récompenser des athlètes qui ont consacré 15 à 20 ans de leur vie à l'entraînement pour compétitionner au niveau international», a souligné l'ex-plongeuse, la dernière athlète non chinoise à être montée sur la plus haute marche du podium olympique au tremplin de 3 mètres.

Recherche de performances

C'est le conseil des athlètes -- composé de 12 olympiens -- qui a élaboré ce programme et l'a soumis à l'exécutif du COC.

«Peu après les Jeux de Turin, nous avons entamé des discussions en vue de l'élaboration d'un programme qui récompenserait les médaillés olympiques», a expliqué l'ex-plongeuse Anne Montminy, double médaillée olympique et vice-présidente du conseil des athlètes. «Nous avons considéré ce que d'autres pays faisaient pour leurs médaillés et nous avons soumis notre projet, qui a été bien reçu par l'exécutif du COC.»

Et Montminy réfute l'argument selon lequel l'argent destiné à ce programme le sera au détriment des athlètes qui obtiennent moins de succès. «Le COC a mis l'accent sur la quête de médailles aux Jeux olympiques et le conseil des athlètes a vu une occasion d'obtenir un peu plus d'argent pour les candidats aux médailles.»

Le budget annuel du fonds, établi en fonction des prévisions de performance, a été fixé à 1,36 million pour 2008. Ce programme aura le mérite d'accorder les mêmes primes pour les sports individuels et les sports d'équipes. C'est donc dire que pour une équipe qui remporte une médaille, chacun des membres recevra un boni.

De plus, les athlètes recevront une prime pour chaque médaille remportée aux jeux. Ainsi la patineuse de vitesse Cindy Klassen, quintuple médaillée aux Jeux de Turin (1-2-2), aurait touché 70 000 $ si le programme avait été en vigueur à l'époque.

«C'est une différence par rapport à ce qui se fait dans d'autres pays, comme aux États-Unis où seule la meilleure performance est récompensée», a précisé Marc Gélinas, directeur des relations avec les athlètes et la communauté.

Bien entendu, les montants pour chaque médaille sont souvent plus généreux ailleurs. Ainsi, l'Italie octroyait 180 000 $ à ses champions olympiques lors des Jeux de Turin. Les États-Unis et le Japon avaient prévus des primes de 29 000 $ pour chaque médaillé d'or.

À ce propos, Sylvie Bernier note qu'il est difficile de faire une juste évaluation car on ignore le niveau d'aide accordée aux athlètes entre les Jeux olympiques dans les autres pays.


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