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Fini le journalisme! Internet: le moyen le plus efficace pour la bonne parole.
En lisant rapidement cette affirmation, on se demande de quelle marque et de quelle information s'agit-il?
On pourrait aller jusqu'à dire: "À quoi bon avoir plusieurs journalistes, plusieurs médias, puisque l'important c'est de transmettre la bonne parole et que de toute façon, une seule agence oeuvrant sur des plateformes multiples peut diffuser LE message.
À quoi bon avoir plusieurs vus? D'ailleurs a-t-on plusieurs vus?
Prenons l'exemple du Moyen-Orient. Y a-t-il un média qui dit que les États-Unis sont des terroristes? Non, tous s'entendent pour dire que les ÉU sèment la démocratie.
Prenons l'exemple du Venezuela. Y a-t-il un média qui dit que Chavez a raison? Non, Chavez est un dictateur autoritaire, c'est sans équivoque.
Prenons exemple du Pakistan. Y a-t-il un média qui dit que Musharaff représente une menace avec sa bombe atomique? Non, Musharaff s'égare un peu, fait des coups d'État sans sang, utilise la loi martiale pour éviter le désordre et persiste à être un démocrate profond.
Prenons exemple de la Birmanie. Y a-t-il un média qui dit que le régime birman n'est pas plus terrible que bien d'autres et qu'il est préférable de vivre en Birmanie plutôt qu'en Irak, en Afghanistan ou même au Pakistan? Non, la Birmanie, c'est, depuis que les ÉU l'ont décidé, le bout de la merde.
Prenons l'exemple de Poutine. Y a-t-il un média qui dit que les Russes ont raison de supporter cet homme qui a sorti leur pays du marasme économique et qui redonne une dignité à la grande nation russe? Non, Poutine, depuis qu'il ne dit plus comme les ÉU, est devenu le dictateur. Y avait-il un média qui disait que Poutine était un dictateur lorsqu'il massacrait il y a quelques années en Tchétchénie? Non, à ce moment de grande détente entre Poutine et les ÉU, il ne faisait que contrer le terrorisme tchétchène et il avait raison d'être "un peu" dur, tous les médias nous expliquaient la "justification" de ses gestes tout comme Musharaff aujourd'hui.
Combien d'articles, de déclarations, d'éditorialistes offensés pour décrire la méthode dictatoriale de Musharaff? Combien y en a-t-il eu contre la Birmanie et pendant combien de temps? Y a-t-il eu un seul journal, un seul média qui a eu un discours différent? Non.
Alors, à quoi bon plusieurs journaux, plusieurs journalistes pour véhiculer un discours unique. La bonne parole a besoin d'un photocopieur et de réseau de diffusion pour répandre son message. Les journalistes, les éditorialistes, les nombreux nombreux nombreux chroniqueurs, spécialistes qui entonnent les mêmes chansons à l'unisson, sont un gaspillage d'argent. Un seul peut suffire à la tâche. Les seules variantes sont la couleur des caractères, le type et la grosseur de la police utilisée, le message est le même.
Donc, le patron du New York Times a bien raison de dire, que même si son journal n'existe plus dans un format, ce n'est pas un drame.
Serge Charbonneau
Québec
