Affaire Mulroney-Schreiber - Chrétien aurait préféré une enquête policière

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Caroline Montpetit
Édition du lundi 19 novembre 2007

Mots clés : Affaire Mulroney-Schreiber, Jean Chrétien, enquête, Montréal

L'ancien premier ministre fait une apparition au Salon du livre

L'ancien premier ministre Jean Chrétien dédicaçant le deuxième tome de ses mémoires, hier, au Salon du livre de Montréal.

Photo: Pedro Ruiz

Jean Chrétien aurait privilégié la voie policière pour faire la lumière sur les liens entre l'ancien premier ministre conservateur Brian Mulroney et le lobbyiste Karlheinz Schreiber, plutôt que l'enquête publique réclamée par l'actuel premier ministre du Canada, Stephen Harper.

C'est ce qu'a dit M. Chrétien lors de sa première apparition publique, au Salon du livre de Montréal, depuis le quadruple pontage qui l'a empêché en octobre dernier de participer au lancement de son dernier livre, Passion politique, publié aux éditions du Boréal.

M. Chrétien, qui a dit se sentir «très bien», en a d'ailleurs profité pour critiquer l'enquête Gomery, qui a selon lui sali l'image de son gouvernement. Seulement quatre personnes ont été reconnues coupables et condamnées à des peines de prison, dont aucun représentant du parti libéral, a-t-il dit. «Les enquêtes ne sont pas la meilleure façon de résoudre ces problèmes, nous avons la police pour ce genre de choses», a dit M. Chrétien.

L'ancien premier ministre libéral a par ailleurs déclaré qu'il «n'avait pas le choix», que de croire M. Mulroney, lorsque ce dernier «avait juré» en cour qu'il n'avait pas fait affaire avec M. Schreiber.

«Par la suite, on a su qu'il avait des affaires avec lui», a-t-il reconnu. Mais, à l'époque, le «ministère de la Justice a recommandé au ministre de la justice de régler hors cour, et j'ai accepté», a-t-il dit au sujet des 2,1 millions de dollars que le gouvernement libéral canadien a alors versés à M. Mulroney en guise d'indemnisation. «La police montée semblait avoir fait une erreur, et on ne pouvait pas prouver le contraire», a-t-il répété.

Dans son livre, M. Chrétien a écrit qu'il avait été «sidéré comme tous les autres Canadiens quand M. Mulroney a a reconnu plus tard que Schreiber lui avait versé 300 000 $ en argent comptant après son retrait du pouvoir».

Hier, le principal intéressé dans cette affaire, l'ex-premier ministre conservateur M. Brian Mulroney, a annulé la séance de signatures de deux heures qu'il devait tenir au même Salon du livre de Montréal, à peu près au même moment que M. Chrétien. Selon Pierre Bourdon, vice-président à l'édition chez Quebecor, M. Mulroney, qui est aussi président du conseil d'administration de Quebecor, a prétexté une réunion urgente pour se libérer de cette obligation. Au cours de la journée de samedi, M. Mulroney a aussi écourté une séance de signatures au cours de laquelle il n'a signé qu'une cinquantaine de livres, selon M. Bourdon. Ce dernier n'a pas voulu imputer au présent scandale les faibles ventes de M. Mulroney, disant plutôt que le livre est sur les rayons des librairies depuis déjà plusieurs mois.

Interrogé sur le leadership de l'actuel chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, M. Chrétien a attribué ses difficultés au fait qu'il était chef de l'opposition.

«Un chef de l'opposition est toujours critiqué, jusqu'à ce qu'il devienne premier ministre», a-t-il dit, mentionnant que M. Dion avait été dûment élu par les libéraux. «M. Dion était un bon ministre», a-t-il ajouté.


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Non, non, non M. Jean "à ce moment ici" Chrétien - par Gilles Bousquet
Le lundi 19 novembre 2007 13:00

Peut-etre 30M pour rien? - par Kim Huynh
Le lundi 19 novembre 2007 10:00

Évidemment - par Roland Berger (rolandberger@rogers.com)
Le lundi 19 novembre 2007 10:00

Enquête policière selon Chrétien - par Pierre-S Lefebvre
Le lundi 19 novembre 2007 09:00

Que cherche Brian Mulroney? - par Michel Lebel
Le lundi 19 novembre 2007 08:00

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