Ahmadinejad laisse planer le doute sur un recours à l'arme pétrolière

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AFP
Édition du lundi 19 novembre 2007

Mots clés : arme pétrolière, Mahmoud Ahmadinejad, Énergie, Iran (pays)

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, hier, à Riyad.

Photo: Agence Reuters

Riyad -- Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a laissé planer le doute hier sur un éventuel recours par Téhéran à l'arme du pétrole en cas d'attaque américaine contre son pays, tout en assurant qu'il n'y avait «aucune possibilité de guerre» dans la région.

«Nous ne voudrions jamais devoir utiliser le pétrole comme arme ou avoir à prendre des mesures illégales, mais si l'Amérique décide d'une quelconque action contre nous, nous saurons comment répondre», a déclaré M. Ahmadinejad au cours d'une conférence de presse à l'issue du troisième sommet de l'OPEP à Riyad. Il était interrogé sur la menace d'un durcissement des sanctions contre l'Iran à l'initiative des États-Unis dans le dossier du nucléaire iranien.

La crainte que l'Iran essaie de bloquer le détroit d'Ormuz, un bras de mer étroit à l'entrée du Golfe dont elle contrôle la rive Nord et par lequel transite une partie de la consommation mondiale de brut, inquiète les marchés pétroliers et les capitales occidentales.

L'Iran n'est «pas inquiet», car «les États-Unis ne sont pas capables de faire pression sur la nation iranienne», a dit le président iranien, qui parlait en farsi et dont les propos étaient traduits en anglais et en arabe.

Les États-Unis ont annoncé jeudi qu'ils demanderaient à l'ONU l'imposition d'une troisième série de sanctions contre l'Iran après la publication du rapport de l'Agence internationale de l'Énergie atomique (AIEA). Celui-ci déclare que l'Iran a fait des «progrès substantiels» en révélant la nature et l'étendue de son programme nucléaire, mais estime que cela reste «insuffisant».

Si les États-Unis imposent des sanctions, celles-ci nuiront avant tout à «un certain nombre d'entreprises européennes», a dit le président iranien, dans la mesure où les États-Unis n'ont pas de relations économiques avec Téhéran.

«J'ai de la peine pour elles», a-t-il dit à propos de ces entreprises européennes. «Les sanctions sont dépassées. Elles relèvent d'une période vieille de 30 ans», a encore déclaré le président iranien. Deux séries de sanctions, notamment le gel des avoirs des dirigeants iraniens, sont déjà en vigueur. Une nouvelle série de mesures pourrait être d'ordre économique.

Les Occidentaux soupçonnent l'Iran de vouloir utiliser la technologie nucléaire à des fins militaires, alors que Téhéran assure que son programme a un objectif purement civil. Tout en affirmant privilégier le dialogue, Washington, n'écarte aucune option pour contraindre Téhéran à suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Israël a également évoqué l'éventualité d'un recours à la force.

Interrogé sur la proposition saoudienne de créer un consortium international pour fournir à l'Iran de l'uranium enrichi afin de mettre fin à la crise actuelle, M. Ahmadinejad a répondu que l'Iran «[saluait] toute proposition constructive, surtout si elle vient de nos frères ou de nos amis, et nous la prenons en considération».

Mais il a aussitôt répété que le débat sur le programme nucléaire iranien était «terminé». «Aujourd'hui, l'Iran tient les rênes du combustible et l'Amérique doit accepter cette vérité», a-t-il dit.


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