Pakistan - Negroponte réclame la levée de l'état d'urgence

Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Reuters
Édition du lundi 19 novembre 2007

Mots clés : John Negroponte, Pervez Moucharraf, état d'urgence, Pakistan (pays)

Islamabad -- Le secrétaire d'État adjoint américain John Negroponte a exhorté hier Pervez Moucharraf à lever l'état d'urgence au Pakistan, déclarant qu'il le jugeait incompatible avec la tenue d'élections libres d'ici au début du mois de janvier et que la situation actuelle risquait de faire échouer le processus électoral.

«L'état d'urgence n'est pas compatible avec la tenue d'élections libres, équitables et crédibles», a déclaré hier le numéro deux du département d'État lors d'une conférence de presse à l'ambassade des États-Unis, au lendemain d'un entretien avec le président pakistanais, dont il a loué les efforts dans la lutte contre al-Qaïda et les talibans.

Cette rencontre était la première d'un responsable américain de haut niveau avec Moucharraf depuis que ce dernier a instauré l'état d'urgence le 3 novembre.

Negroponte a dit aussi avoir appelé le président pakistanais à relâcher les milliers de partisans de l'opposition arrêtés depuis cette date et à tenir sa promesse d'abandonner ses fonctions de chef des armées. «Si ces mesures ne sont pas prises, la capacité du gouvernement à conduire des élections satisfaisantes sera certainement entravée», a-t-il dit.

Moucharraf a promis la tenue d'élections d'ici au 9 janvier et l'abandon de ses fonctions de chef des armées si la Cour suprême valide sa réélection le 6 octobre à la présidence.

Mais il n'a encore rien dit de ses intentions concernant la durée de l'état d'urgence, le rétablissement de la Constitution, la libération des centaines d'avocats emprisonnés par les forces de l'ordre et la fin du silence imposé à certains médias.

Plusieurs dizaines de journalistes ont protesté hier à Islamabad devant les bureaux de l'une des chaînes de télévision fermées, en scandant: «Moucharraf, votre spectacle est terminé.» Des manifestations du même genre ont eu lieu en d'autres endroits du pays.

Selon le journal News, Moucharraf tend vers «la folie». «Il est grand temps qu'il mette fin à ce règne draconien de la terreur contre son propre peuple, contre les médias et les institutions, et qu'il se retire», écrit le journal dans un éditorial cinglant.

Tout en employant des termes sévères sur l'état d'urgence, Negroponte s'est refusé à répondre à des questions sur une éventuelle suspension de l'aide militaire au pays par Washington, décrivant les deux pays comme des nations «amies» confrontées à des défis communs.

Une réconciliation souhaitable

«Nous saluons l'annonce par le président Moucharraf d'élections en janvier, un engagement qu'il a répété devant moi hier en des termes sans équivoque. Il a également réaffirmé son engagement à quitter son poste dans l'armée avant d'entamer un second mandat présidentiel, et nous l'exhortons à le faire le plus tôt possible», a déclaré le diplomate américain.

«Les récentes actions politiques contre les protestataires, la fermeture de médias et les arrestations de leaders politiques et des droits de l'homme vont directement à l'encontre des réformes entreprises ces dernières années», a-t-il estimé. «J'ai exhorté le gouvernement du Pakistan à cesser de telles actions, à lever l'état d'urgence et à libérer tous les prisonniers politiques.»

Negroponte a aussi jugé «très souhaitable» une réconciliation des forces politiques modérées du pays, une allusion apparente aux dissensions publiques entre Moucharraf et la chef de file de l'opposition Benazir Bhutto.

«L'engagement et le dialogue, au lieu d'une politique du risque et de la confrontation, devraient être l'ordre du jour de toutes les parties. Ce serait très positif que les deux parties prennent des mesures pour revenir au type de discussions de réconciliation qu'ils avaient eues précédemment.»

Les États-Unis avaient espéré que les deux responsables finiraient par s'entendre pour partager le pouvoir après l'élection présidentielle du 6 octobre, qui a reconduit le chef de l'État, mais Bhutto a exclu de travailler avec Moucharraf.


Réduire le texte Agrandir le texte Envoyer cet article Imprimer cet article Fil RSS Droits de reproduction

Haut de la page

Vous avez le statut de visiteur
Identifiez-vous


Recherchez dans le site

Recherche rapide dans Le Devoir.com