Washington aiderait le Pakistan à assurer la sécurité de ses têtes nucléaires
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Washington -- Les États-Unis ont mis en place un programme top-secret destiné à aider son allié le Pakistan à assurer la sécurité de ses armes nucléaires, mais Islamabad reste malgré tout réticent à partager avec Washington les informations relatives à son arsenal, selon le New York Times publié hier.
Selon le New York Times, le programme américain de sécurité nucléaire pour le Pakistan inclut la livraison d'hélicoptères, de lunettes de vue nocturne et d'équipement de détection nucléaire, pour assurer la sécurité notamment des têtes nucléaires et autres laboratoires.
Les fonds américains étaient également destinés à financer la construction d'un centre de formation à la sécurité nucléaire au Pakistan, mais ce dernier, qui devait ouvrir ses portes cette année, est loin d'être achevé, selon des responsables américains cités par le journal.
Réticences
Malgré cette aide, le Pakistan est réticent à révéler aux États-Unis l'emplacement de ses armes nucléaires et de ses laboratoires d'enrichissement de l'uranium au pays. Washington estime pour l'heure que l'arsenal nucléaire pakistanais est bien contrôlé, malgré les troubles dans le pays depuis l'instauration de l'état d'urgence le 3 novembre.
«Pour le moment, nous pensons que les armes et installations nucléaires du Pakistan sont sous le contrôle approprié des autorités pakistanaises», a seulement commenté hier par courriel le porte-parole du conseil pour la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, sans évoquer l'aide financière américaine révélée par le New York Times.
Le chef d'état-major interarmées, l'amiral Michael Mullen, avait assuré jeudi que ces armes nucléaires «sont en sécurité», disant n'avoir «aucune indication du contraire». Selon le New York Times, cette affirmation repose sur deux rapports des services secrets transmis en novembre à l'administration Bush, concluant que l'arsenal nucléaire d'Islamabad était sécurisé.
«Mais, alors que l'avenir du dirigeant du pays est en question, le débat s'intensifie sur le fait de savoir si Washington a fait suffisamment pour aider à protéger les têtes nucléaires et les laboratoires, et si la réticence du Pakistan à révéler des détails sur son arsenal a miné l'efficacité des efforts réalisés sur le plan de la sécurité», écrit le Times.
Le quotidien affirme être au courant de l'aide américaine au programme nucléaire pakistanais depuis plus de trois ans, mais explique avoir décidé de ne pas publier jusqu'ici cette information à la demande de la Maison-Blanche, qui estimait qu'une telle révélation risquait de compromettre les efforts de sécurisation de ces armes.

